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Article publié le : samedi 05 mars 2011 - Dernière modification le : samedi 05 mars 2011

Dans le camp de Ras Jdir en Tunisie, des réfugiés de toutes nationalités cherchent assistance

Des milliers de Bangladais arrivés depuis quatre jours à la frontière tuniso-libyenne prennent la route pour le camp de transit situé à 7km, faute de bus, le 4 mars 2011.
Des milliers de Bangladais arrivés depuis quatre jours à la frontière tuniso-libyenne prennent la route pour le camp de transit situé à 7km, faute de bus, le 4 mars 2011.
RFI / Marie-Pierre Olphand

Par RFI

La situation se stabilise à la frontière tunisienne, au poste de Ras Jdir. Le nombre d’arrivées a chuté ces deux derniers jours. La principale source de tension vendredi 4 mars a été la gestion de l'accueil de plusieurs milliers de Bangladais arrivés depuis trois jours déjà, abandonnés à eux-mêmes, sans prise en charge de leurs autorités. Ces derniers jours, le camp de transit s’est agrandi, et sur place, on s'organise... Reportage.
 

Dans le camp de réfugiés, la vie s'organise tant bien que mal

Les Bangladais font la queue devant le stand de Télécoms sans frontières… Le camp accueille aujourd’hui environ 17 000 personnes. Aux tentes militaires kaki sont venues s’ajouter les tentes blanches du Haut commissariat aux réfugiés…

 

05/03/2011 par Marie-Pierre Olphand

Dans le camp, la situation des Bangladais, arrivés en masse, est particulièrement difficile car le Bengladesh n'a pas d'ambassade en Tunisie.  Les hommes se sentent abandonnés, livrés à eux-mêmes comme le raconte Mohammed Amin, jeune Bangladais de 25 ans. 

Est-ce qu'on n'est pas des humains ?

Il y a beaucoup de problèmes. Il n’y a pas de nourriture, pas de sécurité, pas d’eau... Qu’est ce qu’on va faire maintenant ? Comment va-t-on rentrer au Bangladesh ? Comment on va rentrer ? Il n’y a aucun pays qui s’occupe de nous. L’ambassade ne s’occupe pas de nous… Nous on voudrait partir au Bangladesh dans un ou deux jours. Je pose une question aux Nations unies et à la communauté internationale : comment va-t-on rentrer au Bangladesh ? Je ne sais quel va être mon avenir... Je n’ai pas envie de rester là. C’est la jungle ici ! ... Est-ce qu’on n’est pas des humains ? On n’est pas humain?

 

05/03/2011 par Marie-Pierre Olphand

Ceux qui sont passés ces dernières 24h sont essentiellement des Asiatiques, Pakistanais et Bangladais. Il y a aussi des petits groupes d’Africains. Même s’ils sont moins nombreux, ces réfugiés sont des témoins précieux de ce qui se passe à Tripoli et dans l’Ouest du pays, où peu de médias réussissent à se rendre.

Le périple de Soni, jeune Ghanéen

Soni, un Ghanéen originaire d’Accra, qui a quitté Tripoli vendredi, en fin de matinée raconte son périple : «Hier et aujourd’hui, nous n’avons rien vu, mais sur la route il y a beaucoup de barrages. Il y a des soldats partout avec toutes sortes d’armes, parfois nous avons eu peur rien qu’en voyant la taille des armes. Ça c’est entre Tripoli et la frontière. Il y a plus de 10, plus de 20 barrages c’est impossible de compter, mais si je fais une estimation, je dirai qu’il y en a une cinquantaine. Ils sont tous tenus par l’armée, je n’ai pas vu la police. La plupart des militaires sont agressifs… Certains ont pris nos affaires, ils nous ont dit 'vous voyagez avec des dollars et c’est interdit'… D’autres prennent vos dinars libyens dans votre poche et ne vous les rendent jamais. Parfois, si vous avez un appareil photo, un téléphone portable, ils prennent tout, votre carte mémoire, votre carte SIM. Ils ont tout pris».

tags: Bangladesh - Ghana - Libye - Tunisie
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