L'armée de Kadhafi reprend du terrain dans l'Est de la Libye


©

L'offensive du régime de Mouammar Kadhafi s'accentue ce dimanche 6 mars 2011 dans l'Est du pays aux mains de l'opposition. Ses forces se dirigeraient vers la ville de Benghazi, qui est devenue la capitale des opposants notamment après la création par l'insurrection d'un Conseil national qui a tenu sa première réunion hier, samedi. Une intiative saluée par la France... Toujours à Benghazi, Londres a confirmé qu'une « petite équipe diplomatique » britannique se trouvait dans ce fief de l'opposition.

Avec notre envoyé spécial à Benghazi

Les insurgés concèdent s’être retirés de Ben Jaouad, dont ils avaient pris le contrôle hier, samedi 5 mars. Ils déclarent avoir été pris en embuscade et avoir essuyé des tirs à l’arme lourde. Ils expliquent qu’ils sont dans l’impossibilité de répliquer car les miliciens de Kadhafi se cachent entre les familles donc parmi des civils.

Un journaliste de France 24 qui a été atteint d’une balle à la jambe, il est légèrement blessé, a confirmé que la localité de Ben Jaouad, à moins de 100 km à l’est de Syrte, avait été reprise par les hommes de Kadhafi. Les insurgés se sont repliés sur Ras Lanouf, plus à l’est, cette ville qui abrite un important terminal de pipelines.

Un habitant de Misrata signalait par ailleurs ce dimanche matin une contre-offensive à l’arme lourde dans cette ville située à l’ouest de Syrte. De toute évidence, les hommes de Mouammar Kadhafi tentent de reprendre la main. Ils n’ont cessé de reculer depuis mercredi. Les insurgés à partir de Ben Jaouad étaient en mesure de poursuivre leur offensive sur Syrte, la ville natale de Kadhafi qui aussi est l’un des derniers verrous contrôlant l’accès à Tripoli. C’est cette progression que Kadhafi essaye d’enrayer aujourd’hui.

------------------------------------------------------------------------------------------------

Pour la France, une intervention militaire aurait des « effets négatifs »

Toujours à propos de la Libye, Alain Juppé le ministre français des Affaires étrangères qui était au Caire ce dimanche 6 mars 2011, a déclaré lors d'une conférence de presse que : « La France, mais aussi plusieurs de ses partenaires, ne sont pas favorables à une intervention militaire occidentale en Libye qui aurait des effets tout à fait négatifs. Dans l'hypothèse où les combats deviendraient plus sanglants, nous devons nous préparer à réagir, et c'est la raison pour laquelle nous avons accepté la programmation d'une zone d'interdiction aérienne au-dessus de la Libye », a poursuivi M. Juppé. « Pour nous, une telle intervention (la zone d'interdiction aérienne, ndlr) ne peut se concevoir bien sûr que sous un mandat des Nations unies et avec la participation de la Ligue arabe et de l'Union africaine ».  « Le colonel Kadhafi et son régime pour nous se sont discrédités et doivent partir » a encore dit le ministre français.

Huit membres des SAS arrêtés par les anti-Kadhafi

Avec notre correspondant à Londres, Adrien Moss

La rumeur courait depuis ce samedi 5 mars. Huit soldats des forces spéciales britanniques, les commandos de marines connus par leurs initiales, SAS, sont détenus par les forces rebelles à Benghazi selon le correspondant sur place de la BBC.

Ce commando de huit hommes a été intercepté vendredi matin, 4 mars, non loin de Benghazi. Ces SAS vêtus de noir venaient de débarquer d’un hélicoptère et devaient escorter un diplomate britannique jusqu’à un rendez vous avec un responsable des opposants à Kadhafi.

Le groupe a été intercepté par des rebelles armés. Les commandos avaient des armes, des explosifs et plusieurs faux passeports. C’est après la découverte de cette parfaite panoplie des forces spéciales que les huit hommes ont été arrêtés.
Le ministre de la Défense a confirmé qu’il y avait bien une équipe diplomatique britannique sur le sol libyen mais n’a pas voulu confirmer les arrestations des SAS.

Des négociations sont pourtant en cours entre Londres et les rebelles pour leur libération, selon des sources fiables. Les rebelles craignaient que Kadhafi n’utilise la présence de soldats étrangers sur le sol libyen pour les accuser de complicité avec des ennemis extérieurs de la patrie.