Gbagbo et Ouattara «invités» par l'UA à Addis-Abeba


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En Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo et son rival Alassane Ouattara ont reçu samedi 5 mars 2011 une lettre d'invitation du président de la Commission de l'Union africaine, Jean Ping. Ils sont tous deux conviés à une réunion du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine portant sur la crise ivoirienne jeudi prochain, le 10 mars, à Addis-Abeba.

Alassane Ouattara l'a dévoilé publiquement, hier samedi 5 mars 2011 à l'hôtel du Golfe, il a reçu des mains de Jean Ping, une invitation du panel des cinq chefs d'Etat médiateurs à se rendre à Addis-Abeba le 10 mars prochain. Ce jour-là, les quinze membres du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine devraient écouter les conclusions du panel de cinq chefs d'Etat, puis ces conclusions devraient être présentées aux acteurs ivoiriens.

Il semble que le panel proposera un plan de sortie de crise, mais jusqu'à présent rien n'a filtré quant à ces possibles propositions. Alassane Ouattara a confirmé sa présence, mais du côté de Laurent Gbagbo c'est le silence radio. On ne sait pas s'il s'y rendra ou non, et l'on peut imaginer que sa présence dépendra des propositions du panel.

En attendant, les chefs d'Etat ont transmis un autre message aux protagonistes de la crise ivoirienne, en exigeant l'arrêt immédiat des tueries et des manifestations. Depuis deux semaines la flambée de violence dans plusieurs quartiers d'Abidjan et dans l'Ouest du pays fait craindre une reprise à grande échelle de la guerre civile.

Le gouvernement ivoirien, très critiqué après la mort de sept femmes tuées par balles alors qu'elles manifestaient en soutien à Alassane Ouattara, s'est dit confronté à des « terroristes ». Accusant l'Onuci, la mission de l'ONU en Côte d'Ivoire, d'apporter un appui logistique aux insurgés, alors qu'un mystérieux commando se bat depuis plusieurs semaines contre les forces de défense et de sécurité dans le quartier d'Abobo à Abidjan.