Burkina Faso : la colère des élèves et étudiants ne retombe pas


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Au Burkina Faso, alors que le gouvernement avait ordonné la reprise des cours, le 7 mars, suspendus depuis une dizaine de jours après des violences, les jeunes sont descendus dans les rues pour réclamer justice. Dans certains endroits , il y a eu des barricades et des commissariats incendiés.

La journée du 7 mars a été plus que mouvementée partout dans le pays. Une dizaine de localités ont en effet enregistré des manifestations plus ou moins violentes. Selon un communiqué du gouvernement lu à la télévision nationale, des commissariats ont été incendiés, des édifices publics vandalisés, des barricades érigées, des grèves et marches organisées.

Des actes qualifiés de dérives inacceptables, par le gouvernement qui hausse le ton : « le gouvernement rappelle que nous sommes dans un Etat de droit. Les manifestations sont autorisées si elles respectent les dispositions de la loi. Par conséquent, le gouvernement prendra ses responsabilités pour que cessent ces agissements contraires aux règles qu’impose l’Etat de droit à chaque citoyen. Le gouvernement encourage les élèves et les étudiants à rester sereins, à poursuivre les cours, à privilégier le dialogue et la concertation dans notre commune recherche de la vérité et de la justice».

Alors que l’ANEB, le puissant syndicat d’élèves et étudiants du pays envisage une marche pacifique dès le 9 mars, le gouvernement, lui, assure qu’il poursuivra ses efforts pour que la lumière soit faite sur ce qui a déclenché cette affaire. Il s’agit de la mort suspecte fin février d’un élève dans un commissariat de la région de Koudougou.

Tension à Koudougou

Dans cette ville, la colère des jeunes burkinabés n'est visiblement toujours pas retombée depuis les manifestations qui les avaient opposés, il y a 2 semaines, aux forces de l'ordre. Il y avait eu 6 morts dans cette localité et ses environs. Des manifestations causées par le décès d'un collégien qui s'était plaint, par le passé, d'avoir subi des sévices corporels de la part de la police au cours d'une interpellation. Alors que les cours, suspendus depuis par les autorités pour ramener le calme, devaient reprendre hier, des manifestations ont à nouveau été signalées dans plusieurs localités. Manifestations pacifiques, sauf à Yako et à Koupéla, où des commissariats ont été incendiés. «Les enfants ont commencé leur marche vers 8 heures et se sont dirigés vers le commissariat de Koupéla dans lequel il n'y avait apparemment pas de policiers, raconte Seydou Kaboré, le représentant à Koupéla du Mouvement burkinabé de défense des droits de l'Homme et des peuples. Ils sont entré et ont libéré les prisonniers, puis ils ont brûlé le commissariat. Peu de temps après, les élèves de Poutenga ont aussi brûlé le commissariat de la ville. C'est du jamais vu », dit-il.  Finalement, précise-t-il, le chef traditionnel de Koupéla est intervenu et les élèves sont repartis.
 

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