Confusion autour d'un éventuel dialogue entre les insurgés et Kadhafi

Les insurgés font le plein de munitions à proximité des réserves pétrolières de Ras Lanouf.
© Reuters/Asmaa Waguih

Alors que les raids se poursuivent sur la ville côtière de Ras Lanouf, c'est la confusion autour d'une offre de négociations qu'aurait formulée Mouammar Kadhafi aux rebelles, offre qui a été immédiatement démentie par le régime. Dans la matinée de ce 8 mars 2011, le Conseil national, mis en place par les insurgés, a rejeté toute éventualité de négociations avec le numéro un libyen.

Dans la matinée de ce 8 mars, le porte-parole du Conseil national de transition affirmait depuis Benghazi que des proches de Kadhafi avaient proposé des négociations. Il affirmait dans le même temps que le CNT rejetait toute idée de négociation avec le Guide.

Peu après, le président du Conseil national de transition, Mustapha Abdejalil précisait que Kadhafi n'avait pas lui-même envoyé d'émissaires mais qu'il s'agissait d'avocats de Tripoli qui se seraient proposés eux-mêmes. Ballon d'essai de la part du Guide, intoxication, on ne sait pas trop. Toujours est-il que le CNT ne veut pas négocier mais propose à Kadhafi l'immunité s'il démissionne et s'il quitte le pays.

De son côté le régime libyen a démenti toute tentative de négociation ou toute proposition allant en ce sens. C'est «de la foutaise», a déclaré un responsable gouvernemental à l'Agence France-Presse. Depuis le début de l'insurrection, Kadhafi martèle qu'il se battra jusqu'à la mort.

Sur le front militaire les raids aériens que mène presque quotidiennement l'avation loyaliste, se sont poursuivis ce matin. Un obus a touché des habitations à Ras Lanouf, le port pétrolier contrôlé par les insurgés à 300 kilomètres à l'ouest de leur fief, Benghazi. Depuis ce week-end, la progression des insurgés vers l'Ouest a été stoppée par les forces loyalistes au Guide.

Sur le plan diplomatique, le projet d'une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye afin de clouer au sol l'aviation de Kadhafi fait son chemin. L'OCI, l'Organisation de la conférence islamique s'est dite favorable à ce projet initié aux Nations unies par la France et la Grande-Bretagne.

Le soutien des pays musulmans au projet de zone d’exclusion aérienne

C'est désormais l'organisation censée représenter l'ensemble des pays musulmans qui se prononce en faveur de cette zone d'exclusion aérienne. Son secrétaire général, le Turc Ekmeledin Ihsanoglu, a toutefois estimé que sur ce point, il appartenait au Conseil de sécurité des Nations unies de prendre l'initiative.

Le patron de l'OCI (Organisation de la conférence islamique) qui regroupe 57 pays a par ailleurs rejeté toute idée d'intervention militaire directe en Libye. Reste que la prise de position de l'OCI constitue un revers pour le dictateur libyen.

Mouammar Khadafi tente toujours de présenter l'insurrection en cours dans son pays comme un complot des puissances occidentales. Lundi déjà, le Conseil de coopération du Golfe, en soutenant la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne afin de protéger les civils avait apporté un démenti au colonel libyen.

Ce projet de zone d'exclusion aérienne pourrait donc revenir devant le Conseil de sécurité. Les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne devront alors convaincre les deux autres membres permanents du conseil que sont la Russie et la Chine. Les deux pays disposent en effet d'un droit de veto à l'ONU qui leur permet de faire éventuellement capoter le projet.