La Libye s'achemine vers la guerre civile

Raids aériens des forces loyales au Guide libyen sur la ville de Ras Lanouf, le 7 mars 2011.
© REUTERS/Goran Tomasevic

Après trois semaines d'insurrection, la Libye prend le chemin de la guerre civile. Les forces fidèles à Mouammar Kadhafi ont mené le 7 mars trois raids aériens contre le port pétrolier stratégique de Ras Lanouf, dans l'est du pays. Sur place, les insurgés répondent à l'arme automatique et au lance-grenades, et les habitants fuient les combats. Plus à l'Ouest, les militaires encerclent Misrata, la troisième ville du pays. Les affrontements de dimanche y ont fait au moins une vingtaine de morts. Pendant ce temps, la communauté internationale étudie la possibilité d'une intervention militaire. Le colonel Mouhammar Kadhafi accuse Paris Londres et Washington de comploter contre la Libye.

Les forces pro-Kadhafi semblent bien décidées à reprendre le contrôle de Ras Lanouf. C'est ce port pétrolier stratégique de l'est libyen qui abrite la plus grande raffinerie du pays. Les insurgés s'en étaient emparés vendredi dernier, en avançant vers Syrte, la ville d'origine de Mouammar Kadhafi.

Les forces loyales au Guide libyen ont lancé le 7 mars trois raids aériens sur la ville, après avoir repris la veille une localité plus à l'ouest. D'après des observateurs, les insurgés eux répliquent avec tout ce qui leur passe entre les mains : batteries antiaériennes, lance-grenades, ou même simples armes automatiques.

Autre bataille engagée par les forces pro-Kadhafi, celle pour la reconquête de Misrata, la 3ème ville du pays. D'après des habitants joints par l'Agence Reuters, il n'y a pas eu de nouveaux combats hier, mais les forces pro-Kadhafi encercleraient la ville. La veille, elles avaient attaqué à l'arme lourde, et Misrata panse ses plaies. Un médecin parle d'une vingtaine de morts et d'une centaine de blessés, des civils essentiellement. L'hôpital est débordé. L'ONU réclame que les ONG puissent avoir accès sur le champ à Misrata pour y soigner les blessés.

Offensive diplomatique

Sur le plan politique, Djadallah Azouz al Talhi, Premier ministre libyen dans les années 1980 et originaire de l'Est, a lancé un appel au dialogue aux dirigeants de l'insurrection. Une offre aussitôt rejetée par le Conseil national à Benghazi, qui réclame comme préalable le départ du dirigeant libyen.

Dans le même temps, le chef de la diplomatie libyenne a accusé hier Paris, Londres et Washington de conspirer pour diviser le pays en prenant contact avec les insurgés. Moussa Koussa fait référence à l'opération britannique du week-end dernier. Un diplomate, plusieurs membres des forces spéciales et des services secrets avaient débarqués à Benghazi. Ils s'étaient aussitôt fait capturer par des insurgés avant d'être relâchés.

Sur le plan diplomatique, la Russie se déclare contre toute ingérence militaire étrangère en Libye, alors que les appels en faveur d'un soutien militaire aux rebelles opposés au régime du colonel Kadhafi se multiplient à Washington.

Alors que de leur côté, diplomates français et britanniques préparent un projet de résolution des Nations unies pour une zone d'interdiction aérienne. Un moyen de neutraliser l'aviation libyenne pour l'empêcher de menacer les populations civiles.

Pour le secrétaire général de l'OTAN, Anders Forgh Rasmusen, les bombardements contre les civils s'apparentent à des crimes contre l'humanité. Mais il répète qu'il n'est pas question pour les forces du Traité de l'Atlantique Nord d'intervenir sans l'aval des Nations unies.

Nous avons demandé aux militaires de l'OTAN de faire la planification nécessaire et prudente pour toutes éventualités.

Anders Fogh Rasmussen, secrétaire général de l'OTAN
08-03-2011

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