Le Bénin en route vers la présidentielle malgré les imperfections constatées


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Le premier tour de l’élection présidentielle au Bénin se tient finalement le 13 mars 2011. Initialement prévue le 27 février, toutes les parties avaient constaté d’innombrables manquements aux principes requis pour une tenue régulière du scrutin. Alors, le report au 6 mars semblait plus raisonnable. Mais la coalition des partis d’opposition et autres syndicats ont pointé l’inexactitude de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi), obligeant les autorités politiques à un nouveau report du premier tour du scrutin au 13 mars 2011.

Les listes électorales seraient incomplètes. Des centaines de milliers d’électeurs, voire plus d’un million, ne seraient pas inscrits dans les fichiers de la Lépi, la Liste électorale permanente informatisée. Ces raisons ont été jugées suffisantes pour que le report du scrutin soit adopté par le pouvoir. Onze candidats sur les quatorze ont menacé de ne pas participé à la consultation si la Lépi n’était pas complétée. L’Onu et l’Union africaine y sont allées aussi de leur pression pour que le gouvernement accède à cette demande. A deux jours du vote du 6 mars, un texte du gouvernement a été porté à l’Assemblée nationale qui a voté une loi promulguée dans la foulée par le président de la République. Le scrutin était donc reporté au 13 mars.

Malgré les reports, le problème Lépi n’a pas entièrement été résolu. Les procédures administratives et la mise au point des modalités ont pris le temps qu’il fallait : trois jours de discussions pour que la Commission électorale nationale autonome (Céna) se mette en ordre de marche. « Il faut être clair… En cinq jours nous ne pouvons pas prendre tout le monde, puisqu’il y en a qui manifestent le désir au dernier moment. Nous avons la possibilité de lancer une opération d’enregistrement, à l’endroit de tous ceux qui se sont fait connaître déjà. De toutes les façons, nous ne pourrons pas sortir du cadre légal », souligne Nassirou Bako, le superviseur de la liste électorale.
 
Donner du temps au temps
 
Un temps pour la préparation, un temps pour la mise en place des équipements, un temps de déchargement, un temps d’enregistrement, un temps pour corriger et finaliser les listes. « Nous ferons ce que nous pourrons. Inscrits dans nos cahiers, tout confondu, même avec les doublons, cela fait 283 953 », ajoute Nassirou Bako. Les électeurs n’ont eu que quelques jours pour s’inscrire, entre le 9 et le 12 mars, et espérer obtenir une carte pour régulièrement prendre part au vote du 13 mars 2011.
Nous sommes dans une impasse.
Abdoulaye Bio Tchané
10-10-2013 - Par Raïssa Gbedji
Il est techniquement impossible de faire plus, confesse la Céna qui décline toute responsabilité dans « cette affaire ». Son président Joseph Gnonlonfoun, accuse les députés d’avoir mené de longues querelles sur la composition de la Céna ce qui a naturellement retardé sa mise en place. « La loi dit que la Céna doit être installée 60 jours avant une élection. Or, on nous a installés à 35 jours de l'élection présidentielle », explique Joseph Gnonlonfoun. Toutefois, il a promis que « la Céna ferait de son mieux pour que tout soit en place le 13 mars ».
 
C’est désormais chose entendue : il est techniquement impossible, dans les délais légaux d’enrôler tous les électeurs oubliés dans la Liste électorale permanente informatisée. Elle sera incomplète. Alors les perdants, forcément y trouveront des raisons de leur défaite. Pour prévenir tout dérapage, les anciens présidents de la République, se sont jetés dans l’arène pour calmer les esprits de plus en plus échauffés.
 
Dans la ligne de l’ancien président Emile Derlin Zinsou, qui a obtenu un accord politique entre les différents protagonistes pour une tenue régulière de l’élection présidentielle, c’est au tour d’une autre grande personnalité politique du Bénin de donner de la voix. Il s’agit de l’ancien président Mathieu Kérékou qui demande aux uns et aux autres de savoir raison garder.
Je voudrais humblement inviter les candidats à faire preuve de retenu, afin que les élections présidentielles se déroulent dans la paix et le respect des valeurs républicaines.
Mathieu Kérékou
10-10-2013