En Mauritanie, la police empêche une manifestation de jeunes

Nouakchott, la capitale de la Mauritanie.
© © Laura Martel/RFI

Des centaines de jeunes ont été empêchés de se rassembler dans la capitale mauritanienne le 8 mars. Les jeunes de la Coordination du 25 février avaient appelé à une 4ème manifestation, place des blocs au centre de Nouakchott, pour demander des réformes sociales et économiques. Si les trois premières manifestations s’étaient globalement déroulées dans le calme, la dernière a dégénéré en affrontements entre manifestants et forces de l’ordre.

« Pacifiques, pacifiques » crient ces manifestants. Par trois fois déjà, les jeunes de la Coordination du 25 février s’étaient réunis sur la place des blocs, revendiquant pour la majorité de meilleures conditions de vie, pour une minorité, un changement de régime.

Pour aller plus loin

Une manifestation globalement pacifique, encadrée par une surveillance policière discrète. Mais le 8 mars, les forces de sécurité ont bloqué l’accès à la place, harguant que la manifestation n’avait pas été autorisée.

Par petits groupes, drapeaux mauritaniens et banderoles à la main quelques centaines de jeunes ont tenté malgré tout de pénétrer sur la place, vigoureusement dispersés par les coups de matraque de quelque 200 policiers anti-émeute et des gaz lacrymogènes.

« La vie est difficile : chômage, corruption, tout celaOn est contre » affirme un jeune manifestant. « On réclame aussi la démocratie, ce qui n’est pas dit aujourd’hui. Ils refusent que les gens manifestent ici. Nous, on ne casse ni les vitrines ni les choses publiques. On est juste en place pour dire ce qu’on veut. Je tiens à dire au pouvoir, attention à la répression. Si on nous laissait manifester en paix, il n’y aurait pas de problème mais le fait d’emmener la police va créer le pire ».

Pendant plusieurs heures, des affrontements sporadiques ont eu lieu : charge de la police contre jet de pierre des manifestants. Selon un responsable de la coordination, les jeteurs de pierres sont extérieurs au mouvement : « Les jets de pierre proviennent d’une minorité de petite jeunes envoyés par des parrains qui organisent la pagaïe, certaines parties du pouvoir pour trouver un prétexte afin d’empêcher les manifestants de s’exprimer ».

Quelques personnes ont été arrêtées. La coordination entend poursuivre le mouvement dans les jours à venir. 

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