Côte d’Ivoire : l’Onuci et la France ne donnent pas suite à l’interdiction de survol décrétée par Laurent Gbagbo


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Après l'interdiction de voler faite aux hélicoptères de l'Onuci et de la force Licorne décrétée, mercredi 9 mars 2011, par le gouvernement Gbagbo, les Nations unies et la France ne se sentent pas tenues par cette annonce. Paris estime la décision nulle et non avenue, jugeant que l'Onuci et l'opération Licorne tiennent leur mandat du Conseil de sécurité de l'ONU. Quant à l'Onuci elle a repris ses vols comme si de rien n'était.

« Rien n'a changé », confie un responsable de l'Onuci, qui confirme que les hélicoptères de la force onusienne ont poursuivi leurs rotations ce jeudi comme d'habitude en Côte d’Ivoire. L'interdiction faire par le gouvernement ivoirien n'a donc aucun effet ni sur la mission onusienne ni sur la force Licorne. Il y a quelques semaines les autorités ivoiriennes avaient déjà donné un coup d'épée dans l'eau en exigeant le départ de l'Onuci, exigence restée sans effet.

Quant à la question de savoir si Alassane Ouattara, actuellement à Addis-Abeba au siège de l'Union africaine, pourra rentrer à l'hôtel du Golfe, l'Onuci est catégorique : « nous respecterons nos engagements envers Alassane Ouattara ». L'Onuci se refuse cependant à dire si elle utilisera un hélicoptère ou plutôt des moyens terrestres pour acheminer Ouattara à son hôtel.

Quant à la question d'éventuelles représailles militaires contre les vols onusiens, le porte parole de l'Onuci évoque un droit de riposte en vertu du chapitre sept du mandat des Nations unies qui autorise l'Onuci à riposter à des tirs ennemis pour se protéger. Mais pas plus à Abidjan qu'à Paris on ne veut croire à une telle extrémité. Gbagbo s'exposerait à de violentes représailles s'il s'aventurait à faire tirer sur les hélicoptères de l'ONU, affirme un diplomate.