Crise libyenne : l'Europe joue sa crédibilité

Le Parlement européen à Bruxelles où les ministres européens des Affaires étrangères se réuniront pour discuter de la situation en Libye
© Reuters/Yves Herman

L'Union européenne veut définir une stratégie commune pour aider les Libyens à déloger Mouammar Kadhafi. Ce 10 mars c'est aux ministres des Affaires étrangères, et en parallèle aux ministres de la Défense avec l'OTAN, de faire des propositions concrètes aux chefs d'Etat et de gouvernements qui se réuniront, eux, un jour plus tard. Accusée d'avoir un train de retard sur les bouleversements historiques, l'Union européenne joue sa crédibilité.

Pour aller plus loin

Intervenir ou attendre que les insurgés réussissent seuls à chasser Mouammar Kadhafi ? Comment aider à mettre fin à la répression meurtrière, tout en ralliant les pays arabes à cette cause et en respectant le droit international ? Difficile casse-tête auquel doivent se livrer les 27, d'autant que la question de l'immigration fait partie de l'équation.

Les demandes de l'opposition libyenne sont pressantes : reconnaître « le plus tôt

possible » le Conseil national de transition, envoyer de l'aide humanitaire et médicale, et enfin: instaurer une zone d'exclusion aérienne, sans pour autant intervenir directement au sol.

Les 27 sont prêts à mobiliser des fonds supplémentaires. En revanche, sur les autres demandes, rien n'est gagné. Seuls, Londres et Paris se disent aujourd'hui favorables à l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne. Et jusqu'ici, la France est l'unique pays à avoir donné officiellement son soutien au Conseil national de transition. Elle compte bien entraîner ses partenaires européens sur cette voie.

Depuis le début du conflit, on est très très lent.

Daniel Cohn-Bendit, coprésident des Verts
10-03-2011

 

Avec notre correspondante à Lisbonne, Marie-Line Darcy

Flottement diplomatique à Lisbonne

Très peu de choses ont filtré de la rencontre entre l’émissaire libyen et le ministre portugais des Affaires étrangères qui s’est déroulée à Lisbonne le 9 mars. Une courte rencontre qualifiée d’informelle par la diplomatie portugaise et qui intervient à quelques heures du sommet européen consacré à la situation libyenne.

Mohamed Tahir Sila, vice-ministre libyen des Affaires étrangères s’est rendu à Lisbonne, pour présenter la situation dans son pays. Il est l’un des trois émissaires de Mouammar Kadhafi envoyés dans le but d’éviter des sanctions internationales contre Tripoli, comme l’interdiction du survol aérien du territoire libyen désormais envisagé par l’ONU, mais qui ne fait pas l’unanimité en Europe.

Et à Lisbonne, l’arrivée du représentant libyen a provoqué un flottement diplomatique alors que se déroulait les cérémonies d’investiture du président de la République réélu le 23 janvier dernier. Le ministère des Affaires étrangères a tenu ensuite à préciser que c’est à sa demande que le diplomate libyen a été reçu. Mohamed Tahir Sila et deux autres diplomates avaient auparavant fait escale à La Valette, capitale de l’île de Malte où ils se sont entretenus brièvement avec les autorités de ce pays méditerranéen.

Le Portugal, qui siège depuis le 1er janvier au Conseil de sécurité de l'Onu en tant que membre non permanent, est chargé d’assurer la présidence du comité de sanctions sur la Libye. Lié par des accords économiques importants, Lisbonne bénéficie de l’oreille de Tripoli et peut jouer un rôle diplomatique de premier plan. Une carte que semble vouloir jouer le régime libyen.

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