Procès Taylor : fin des plaidoiries, aux juges de décider

L'ancien président du Liberia, Charles Taylor.
© REUTERS/Jerry Lampen

Le sort de Charles Taylor est maintenant entre les mains des juges de la Cour Spéciale pour la Sierra Leone. Ils se retirent ce vendredi 11 mars pour 4 à 6 mois afin de préparer leur jugement, à La Haye. La plaidoirie finale de la défense s’est terminée ce 10 mars dans la matinée. Comme le procureur, il y a un mois, les avocats de Charles Taylor auront eu 6 heures en tout pour tenter de convaincre. Leur client est poursuivi pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité pour son soutien présumé aux rebelles sierra-léonais du RUF. Et les avocats de l’ancien homme fort du Liberia se sont employés ce jeudi matin à mettre en doute la crédibilité des témoins de l’accusation.

Avec notre envoyée spéciale à La Haye, Sarah Tisseyre

Terry Munyard, avocat de Charles Taylor, a passé 2 heures, ce jeudi 10 mars dans la matinée, à mettre en garde les juges : « méfiez vous de la centaine de témoignages à charge que vous avez entendus au cours du procès ».

La défense accuse notamment le procureur d’avoir utilisé un fonds spécial pour verser de l’argent aux témoins sierra-léonais ou libériens et les convaincre de charger l’ex président du Liberia.

Et Terry Munyard précise : des sommes qui peuvent paraître insignifiantes en Europe ou aux Etats-Unis sont essentielles dans ces pays où les gens se battent pour vivre. A certains, on a payé l’école, à d’autres des frais médicaux, dit la défense.

Témoin gambien

Terry Munyard cite un témoin gambien, le seul venu à la Cour expliquer qu’il avait vu Charles Taylor et l’ex-leader du RUF Foday Sankoh ensemble en Libye, à la fin des années 80, époque à laquelle l’accusation affirme qu’ils ont préparé leur plan d’invasion du Liberia puis de la Sierra Leone. Ce témoin a reçu régulièrement des versements de 100 dollars, affirme l’avocat. Et de poursuivre : inévitablement, ces paiements ont influencé les témoins.

L’avocat de Charles Taylor ne dit rien, en revanche, de cette enquête ordonnée il y a 3 semaines par les juges : des intermédiaires de la défense sont soupçonnés d’avoir approché des témoins de l’accusation et de leur avoir promis de l’argent pour qu’ils affirment avoir menti au cours du procès après avoir bénéficié des largesses du Procureur.