L'UE reconnait à son tour la légitimité du CNT et réclame le départ de Kadhafi

Le président de la Commission européenne José Manuel Barrosso (g) et le président de l'Union européenne Herman Van Rompuy (d) après le sommet extraordinaire de ce vendredi 11 mars 2011 sur la Libye et l'Afrique du nord.
© REUTERS/Thierry Roge

Réunis en sommet extraordinaire ce vendredi 11 mars 2011, à Bruxelles, les dirigeants européens à l'instar de Nicolas Sarkozy ont reconnu le Conseil national de transition, mis en place par l'opposition à Benghazi, comme le représentant légitime du peuple libyen. En revanche, l'option militaire reste pour le moment en suspend. Mais l'Union européenne demande le départ « sans délai » du guide libyen. 

Avec notre envoyée spéciale à Bruxelles, Heike Schmidt

« Personne n'est favorable à une option militaire », a martelé Nicolas Sarkozy, en insistant sur l'unité des 27 face à la crise libyenne. « Tout le monde est partisan d'une solution politique ! », a assuré le président, un brin gêné par le peu de soutien qu'a obtenu sa proposition d'un engagement militaire. Pour l'instant, il n'y aura donc ni zone d'exclusion aérienne ni frappes ciblées sur des bases libyennes.

Le Conseil européen est unanime pour demander le départ de Monsieur Kadhafi(...) Le Conseil national de transition basé à Benghazi est pour le Conseil européen l'interlocuteur politique, son action est saluée et encouragée.

Nicolas Sarkozy
11-03-2011

Mais, et c'est là que le président français a gagné son pari, l'Europe se laisse toutes les portes ouvertes. « Qu'est-ce qui se passe si les avions de Kadhafi tirent sur la foule ? », a-t-il demandé. Et d’ajouter : « doit-on regarder les images ou réagir ? ». Le chef de l'Etat reste convaincu qu'il faut agir, même militairement.

Nicolas Sarkozy s'est donc montré « très satisfait » que les Etats membres se soient mis d'accord pour examiner « toutes les options nécessaires » à trois conditions:
* il doit y avoir un besoin démontré (en clair: des massacres contre les civils)
*il faut une base juridique (c'est-à-dire une résolution de l'ONU)
* et troisièmement: les pays arabes doivent clairement soutenir cette éventuelle démarche militaire, ou mieux encore, y participer.

Si c'est démontré qu'on attaque la population civile d'une façon tout à fait injuste alors on est prêt à examiner toutes les options nécessaires pour aider cette population.

Herman Van Rompuy
11-03-2011


Pour sa part, le président américain aussi reconnait la légitimité de l'opposition libyenne. Barack Obama va également nommer un représentant auprès du Conseil national de transition. « Les Etats-Unis et la communauté internationale ont l'obligation de faire ce qu'ils peuvent pour empêcher la répétition de ce qui s'est passé dans les Balkans dans les années 90, de ce qui s'est passé au Rwanda », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Washington, ce vendredi.


Sur le terrain, les combats continuent

Avec nos envoyés spéciaux à Benghazi

Ce vendredi 11 mars 2011, des milliers de personnes se sont rassemblées à Benghazi pour célébrer « la journée de la liberté », mais les informations en provenance de la zone des combats restent extrêmement confuses.

Les combats se concentrent autour de la localité pétrolière de Ras Lanouf, une localité reprise jeudi soir par les troupes fidèles au colonel Kadhafi. Les insurgés affirment ce vendredi soir avoir repris du terrain dans cette zone, c’est évidemment impossible à vérifier, alors que l’aviation de Tripoli a bombardé dans l’après-midi les installations de la raffinerie de pétrole, mais également des positions rebelles.

A une cinquantaine de kilomètres de Ras Lanouf, en début d’après-midi, les insurgés se rassemblaient pour repartir au combat. Une armée presque improvisée, dont les hommes semblent communiquer par téléphone portable, des hommes jeunes qui n’ont souvent eu pratiquement aucune formation militaire. Ils partent avec des fusils et des 12.7, de l’artillerie fixée à l’arrière de pick-up, ils partent à l’assaut des troupes fidèles au colonel Kadhafi.

Sur la route c’est un va et vient incessant, de voitures civiles, d’ambulances aussi et de véhicules chargés de jeunes insurgés visiblement épuisés, survoltés, mais extraordinairement déterminés et enthousiastes.

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