Côte d'Ivoire : Bloléquin aux mains des Forces nouvelles

Les Une de journaux ivoiriens, à Abidjan, le 14 mars 2011.
© Reuters/ Thierry Gouegnon

Les forces soutenant Alassane Ouattara, président ivoirien reconnu par la communauté internationale, ont pris lundi 21 mars 2011 la ville de Bloléquin dans l'ouest. Tandis qu'à Abidjan, des milliers de jeunes partisans du chef d'Etat sortant Laurent Gbagbo voulaient entrer dans l'armée.

Frontalier du Liberia, l'Ouest ivoirien est l'un des théâtres des combats depuis février entre les deux camps, avec Abidjan où la flambée des violences nées de la crise post-électorale fait craindre une guerre civile. Près de 440 personnes ont été tuées depuis fin 2010, selon l'ONU.

Après avoir pris dans l'ouest du pays quatre villes au camp Gbagbo en un mois, l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN) alliée à Alassane Ouattara, qui tient la moitié nord du pays depuis le putsch raté de 2002, a conquis Bloléquin.

Notre objectif, c'est de sécuriser l'ouest de la Côte d'Ivoire.

Mara Laciné porte-parole militaire des Forces nouvelles
21-03-2011

Avec la prise de Bloléquin, les forces pro-Ouattara sont désormais à environ 80 km de la ville de Duékoué, important carrefour menant à l'est vers la capitale politique Yamoussoukro, et au sud vers le port de San Pedro, plus grand port d'exportation de cacao au monde.

Multiplication des violences

A Abidjan, plusieurs milliers de jeunes partisans de Laurent Gbagbo ont afflué lundi vers l'état-major pour s'enrôler dans l'armée, au moment où le régime est défié par des insurgés pro-Ouattara dans la capitale économique elle-même. Charles Blé Goudé, chef des « Jeunes patriotes », les plus fervents partisans de Laurent Gbagbo, avait appelé samedi les jeunes « prêts à mourir pour leur patrie à s'enrôler ».

Lors d'une cérémonie sur un immense terrain dans l'enceinte du camp de l'état-major, le général Philippe Mangou, patron des FDS, qui était accompagné de Charles Blé Goudé, s'est adressé à la foule des volontaires, en les priant de laisser leurs coordonnées pour qu'ils soient ultérieurement  convoqués.

De nombreux observateurs, craignant d'éventuels dérapages, s'interrogent sur la formation et l'armement qui seront fournis à ces recrues, peu habituées à la discipline militaire. Les craintes sont d'autant plus vives que les violences se multiplient.

Entre 25 et 30 civils ont été tués jeudi, selon l'ONU, lors du pilonnage par les forces armées du camp Gbagbo du quartier d'Abobo dans le nord d'Abidjan. Le gouvernement Gbagbo a dénoncé un « complot ». Paris a estimé que la force de l'ONU dans le pays, l'Onuci (10 000 hommes environ) « devrait jouer son rôle sans doute plus efficacement ». Pour le camp Ouattara, « l'ONU doit passer à l'action pour protéger les civils ».

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