En Côte d'Ivoire, l'Onuci critiquée par les deux camps

Une patrouille des casques bleus jordaniens dans une rue d'Abidjan, le 29 décembre 2010.
© AFP/Citizenside

Réunis en sommet ce mercredi 23 mars 2011 au Nigeria, les chefs d'Etat de la Cédéao (la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest) pourraient décider de la « création d'une mission militaire » pour protéger les civils en Côte d’Ivoire. C’est en tout cas le souhait de l’organisation non gouvernementale International Crisis Group. Sur le terrain, Alassane Ouattara a demandé lundi à la mission des Nations unies dans le pays de « détruire l’arsenal militaire du camp Gbagbo », lequel crie à la trahison.

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Pure coïncidence ? Le jour où plusieurs jeunes partisans du président sortant, Laurent Gbagbo, voulaient se faire enrôler dans l'armée, Alassane Ouattara, le président reconnu par la communauté internationale, a estimé que l’Onuci ne remplissait pas son mandat. C'est ce qu'a répété à RFI le porte-parole du gouvernement Ouattara, Patrick Achi :

« Depuis plusieurs semaines maintenant, les populations civiles font l’objet d’attaques incessantes à l’arme lourde de la part de soldats et de miliciens de Laurent Gbagbo et cela est considéré d’ailleurs par la division humanitaire de l’Onuci comme quelque chose proche du crime de guerre. Donc on ne comprend pas pourquoi l’Onuci ne protège pas ces populations. »

Le camp adverse a sa propre interprétation de l’appel lancé à l’Onuci par Ouattara, comme l'explique le porte-parole du gouvernement Gbagbo, Ahoua Don Mello : « Dans son idée, il souhaite vivement que les forces de l’Onuci interviennent pour l’installer par la force. Nous estimons que ce n’est pas une voie de sagesse, dans la mesure où si il s’installe par la force onusienne, il gouvernera par la force onusienne, et le peuple et l’armée de Côte d’Ivoire ne sont pas prêts à accepter une occupation du territoire par des armées étrangères. »

Des milliers de civils Ivoiriens quittent Abidjan et l'ouest du pays depuis plusieurs semaines pour fuir l'insécurité.


Young-jin Choi, l'envoyé spécial des Nations unies en Côte d'Ivoire répond que « le mandat de l'Onuci ne prévoit pas une intervention militaire». Nous sommes accusés des deux côtés. Mais nous devons respecter notre mandat ».

Dans ce contexte, le Haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Antonio Guterres s'est rendu mardi 22 mars dans l'Est du Liberia pour vister les camps de réfugiés ivoiriens. Environ 94 000 d'entre eux ont trouvé refuge au Liberia, fuyant les violences post-électorales, notamment dans l'Ouest ivoirien.  Antonio Guterres lance un appel à la communauté internationale. « Un demi-million de personnes déplacées à l'intérieur de la Côte d'Ivoire, plus 90 000 réfugiés au Liberia, aujourd'hui (...), le conflit en Côte d'Ivoire ne doit pas devenir un conflit oublié, a-t-il déclaré. Je comprends l'attention de la communauté internationale pour le tremblement de terre au Japon et l'intervention en Libye. Mais ici il y a un conflit qui dure, un conflit qui menace toute la région avec des conséquences humanitaires vraiment dramatiques ».

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