La Cédéao envisage de demander à l'ONU d'aller plus loin dans sa réponse à la crise ivoirienne

Les chefs d'Etat membres de la Cédéao réunis à Abuja, le 23 mars 2011.
© REUTERS/Afolabi Sotunde

Les dirigeants des pays membres de la Communauté économique des états d'Afrique de l'ouest sont réunis à Abuja pour le sommet ordinaire de la Cédéao. Un sommet de deux jours sous la présidence du chef de l'Etat nigérian, Goodluck Jonathan. Celui-ci à appelé les Nations unies à prendre des mesures « un peu plus sérieuses face à la situation en Côte d'Ivoire ». Si l'option militaire, un temps envisagé par la Cédéao pour écarter Laurent Gbagbo, semble oubliée, en revanche Goodluck Jonathan estime que le départ de Laurent Gbagbo pourrait se faire « sans usage de la force ». Egalement présent dans la capitale nigérianne : le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies, Young-jin Choï.

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Dès l'ouverture des travaux, le président en exercice de la Cédéao Goodluck Jonathan a insisté sur la détermination collective de ses pairs pour mettre un terme à la crise en Côte d'Ivoire. « Je pense que nous pouvons adopter une résolution pour demander aux Nations unies de prendre des mesures un peu plus sérieuses concernant la situation en Côte d'Ivoire », a affirmé Goodluck Jonathan.

Il faut dire que trois mois après avoir suspendu la Côte d'Ivoire et reconnu Alassane Ouattara comme vainqueur de la présidentielle, puis menacé le président Laurent Gbagbo de le déloger par la force, rien n'a vraiment changé. Laurent Gbagbo occupe toujours la présidence et les menaces de la Cédéao s'estompent de jour en jour.

D'ailleurs, Goodluck Jonathan affirme aussitôt que le départ du pouvoir de Laurent Gbagbo pourrait se faire « sans faire usage de la force légitime ». Le dirigeant nigérian se range ainsi derrière la Cour de justice de l'institution qui a enjoint la Cédéao la semaine dernière, de s'abstenir de l'usage de la force en Côte d'Ivoire.

Après donc les menaces, l'option militaire semble pour l'heure écartée par la Cédéao qui se réfugie désormais derrière une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies.

De son côté, Alain Juppé, ministre français des Affaires étrangères soutient que la force des Nations unies en Côte d'Ivoire «devrait jouer son rôle plus efficacement», rappelant que son mandat «permet d'utiliser la force», alors que les affrontements se multiplient dans le pays.

Il y a une force des Nations unies sur place. Je pense qu'elle devrait jouer son rôle sans doute plus efficacement parce qu'elle a un mandat qui lui permet d'utiliser la force si des confrontations ou des violences s'exercent.

Alain Juppé, ministre français des Affaires étrangères
24-03-2011

Sur le terrain, des combats se poursuivent dans l'ouest ivoirien et notamment à proximité de la ville de Guiglo. Les FDS, les forces de défenses et de sécurité, favorables à Laurent Gbagbo, le président sortant, ont annoncé leur intention de reprendre la localité de Bloléquin, prise lundi dernier par les Forces nouvelles, favorables à Alassane Ouattara, le président élu reconnu par la communauté internationale.

A Abidjan, le quartier d'Abobo a de nouveau été la cible de tirs d'obus. Cela s’est passé le 23 mars en début de soirée dans cette commune, réputée être le fief des partisans d’Alassane Ouattara. Les témoins joints sur place affirment que ce sont les Forces de défense et de sécurité, fidèles à Laurent Gbagbo qui ont tiré à l’aveugle. Le bilan provisoire est de six blessés admis à l’hôpital et au moins trois morts, une femme et deux enfants

Un habitant d'Abobo, Daouda Cissé raconte qu'un obus est tombé sur des membres de sa famille.

Pas de réaction, mercredi soir,  dans le camp Gbagbo, mais ce mardi Ahoua Don Mello,  porte-parole du gouvernement du chef de l'Etat sortant, avait démenti toute implication dans de précédent tirs meurtriers, le 17 mars dernier, également à Abobo. Il avait, par ailleurs, accusé les médias internationaux d'adopter, dit-il, « un mutisme injustifié lorsque des crimes d'une atrocité révoltante»  sont commis par les rebelles dans l'ouest du pays. 


Les confrontations entre les Forces Nouvelles et les forces fidèles à Laurent Gbagbo ont obligé 94 000 ivoiriens de l’ouest du pays à se refugier au Libéria voisin. Ils sont trente mille dans la seule ville de Buutuo, une ville libérienne située à un jet de pierre de la Côte d’Ivoire. Notre correspondant au Liberia Zoom Dosso est allé à la rencontre de ces refugiés, ils lui ont expliqué pourquoi ils ont quitté leur pays et comment ils vivent leur nouvelle vie.


A Abidjan, selon l'AFP, Charles Blé Goudé, leader des « jeunes patriotes », partisans du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo, a appelé à un grand rassemblement samedi devant le palais présidentiel, à Abidjan. « De samedi 08H00 (locales et GMT) à dimanche 08H00, nous allons montrer que Laurent Gbagbo est majoritaire. J'appelle toute la population ivoirienne à être devant le palais présidentiel à Abidjan afin de démontrer qui est majoritaire », a-t-il dit lors d'un point de presse, ce mercredi. Le palais présidentiel est situé dans le quartier administratif du Plateau, au centre d'Abidjan, un secteur ultra-sécurisé.

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