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Article publié le : jeudi 24 mars 2011 - Dernière modification le : jeudi 24 mars 2011

Jean Ping explique la position de l'UA sur le conflit en Libye

Le président de la Commision de l'Union africaine, Jean Ping.
Le président de la Commision de l'Union africaine, Jean Ping.
AFP

Par RFI

Jean Ping, le Président de la Commission de l'Union africaine s'exprime sur la guerre en Libye. De passage à Paris, il accorde, pour la première fois, et à notre antenne, un entretien sur le conflit en Libye et sur la position de l’Union africaine. Il tente une médiation entre les deux parties libyennes et essaie de faire avancer son projet d'un sommet sur ce pays, initialement prévu ce vendredi 25 mars 2011 à Addis-Abeba.

 

RFI : Samedi dernier à Nouakchott, le Comité de l’Union africaine a appelé à la cessation immédiate des hostilités en Libye. Est-ce que ça veut dire que vous êtes contre l’opération militaire internationale en Libye actuellement ?
 

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Jean Ping : Je crois qu’il y a beaucoup de confusion. Tout ce qu’on a fait à Nouakchott est déprogrammé depuis le 10 mars. C'est-à-dire une semaine avant les décisions du Conseil de sécurité de l’Onu. La 10 mars, le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a déclaré qu’il faut rejeter une intervention extérieure, qu’il faut une cessation immédiate des hostilités internes, qu’il faut aider à l’évacuation des étrangers y compris les travailleurs africains, étrangers en Libye, et qu’il faut que les aspirations du peuple libyen à la démocratie, à la liberté, soient prises en compte. 
 
Vous savez que nous devions nous rendre en Libye et ensuite à Benghazi. Le dimanche nous devions être en Libye et le lundi à Benghazi, pour discuter avec le Conseil national de transition. Puis le Conseil de sécurité a pris sa décision, à l’Onu le 17. Et à Paris une réunion a eu lieu, pour engager immédiatement les hostilités.
 
Donc nous ne pouvions pas nous rendre en Libye ! On ne peut pas se rendre à Benghazi ! On a organisé une réunion le vendredi 25 mars, à Addis-Abeba, où les Libyens de Tripoli et de Benghazi sont invités à prendre part à une rencontre avec des membres du Conseil de sécurité et les membres de l’Union européenne, la Ligue arabe, etc. Nous avons donc un calendrier clair.
 
RFI : Il y a votre initiative diplomatique, mais à côté de cela, il y a cette opération militaire internationale. Quelle est votre position ?
 
J.P : La position de l’Union africaine est claire. Elle a été exprimée le 10 mars. Ensuite, trois membres africains du Conseil de sécurité de l’Onu - à savoir l’Afrique du sud, le Nigéria et le Gabon - ont voté pour. 
 
RFI : Pour la résolution ?

 
J. P. : Ils auraient pu s’abstenir. Ils ont voté pour. En dépit du fait que la décision que nous avions prise le 10 mars – sept jours avant cette réunion – indiquait clairement que nous ne sommes pas pour une intervention militaire extérieure. Et lorsqu’on leur demande, ils nous expliquent qu’ils ont été obligés, dans les circonstances de négociations et de recherche d’un consensus, ils ont été amenés à voter oui. Je crois même que quelques Etats sont en train de s’expliquer, quelques Etats parmi les trois.
 
RFI : Vous pensez à l’Afrique du sud et au Gabon ?
 
J.P : Oui. 
 
RFI : Ils auraient préféré voter non ou s’abstenir ?
 
J. P : Oui. Ils expliquent très bien qu’ils ont voté, mais dans le sens de la compréhension de la décision de l’Union africaine. 
 
RFI : Alors cela veut dire que le 17 mars, en votant pour cette résolution de l’Onu, ces trois pays africains ont engagé l’Union africaine en faveur de cette intervention militaire ?
 
J.P : Nous n’allons pas nous opposer à une décision prise par la communauté internationale. Nous avons marqué nos réserves. Voyez-vous, à la réunion de Paris par exemple, aucun Africain n’était présent. La Ligue arabe était présente, mais l’Union africaine n’était pas là.
 
Et lorsque l’Union européenne et les autres préparaient la résolution et l’application personne n’est venu nous voir. Madame Ashton est allée au Caire ; elle n’est jamais venue nous voir. Même le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé est allé au Caire. Personne n’est venu nous voir ! 
 
RFI : C’est aussi un petit peu pour cela que vous êtes resté à Nouakchott et n’êtes pas venu à Paris, le 19 mars ?
 
J.P : En partie. Parce qu’à Nouakchott nous avions un programme en cours. On nous dit : « interrompez votre programme, venez à Paris ». Pour quoi faire ? On ne sait pas très bien. 
 
RFI : Vous ne vouliez pas faire de la figuration en quelque sorte.
 
J.P : Parce que je crois que notre cher Amr Moussa [secrétaire de la Ligue arabe],  était là pour le déjeuner et la photo. Et c’est tout. Et nous, on ne voulait pas faire ça. 
 
RFI : Et vous vous dites : « Jean Ping n’ira pas faire de la figuration ».
 
J.P : Exactement. 
 
RFI : Sur le fond, ce que disent les populations civiles de Benghazi, c’est que s’il n’y avait pas eu les frappes aériennes de la coalition, samedi soir dernier, sur l’armée libyenne, eh bien la ville de Benghazi aurait été reprise par l’armée libyenne et il y aurait eu un bain de sang.
 
J. P. : Je crois qu’ils ont cette interprétation, qui est sans doute juste. Je ne peux pas me prononcer là-dessus. Mais la différence qu’il y avait entre les événements en Libye, en Tunisie et en Egypte, c’est qu’en Tunisie la « révolution du jasmin » c’était une révolution pacifique. Personne n’est allé avec des chars du côté des jeunes révolutionnaires. En Libye c’était deux forces militaires. De chaque côté, il y avait de l’armement lourd ! Des chars ! Donc, ça s’apparentait beaucoup plus à une guerre civile. Et les risques, c’était la partition et la « somalisation » du pays. 
 
RFI : A votre avis, est-ce que cette intervention militaire internationale en Libye peut faire avancer une solution, ou au contraire la retarder ?
 
J.P : Je crois que c’est la raison pour laquelle je suis là également. Vous avez noté, avant votre arrivée, que j’étais en train de m’entretenir avec un envoyé spécial de Madame Ashton. Je me suis entretenu avec Alain Juppé et le secrétaire général de l’Onu, pour savoir quels sont les objectifs qu’ils ont visés et quelle est la phase suivante. Si l’étape suivante consiste à utiliser la diplomatie, c’est la voie que nous préconisons et nous y sommes déjà. 
 
RFI : Donc votre priorité aujourd’hui, c’est de réunir autour d’une table les partisans et les adversaires du colonel Kadhafi !
 
J.P : Cela a toujours été le plan de départ. Je vous le réaffirme !Il a été décidé le 10 mars par les chefs d’Etat. Nous ne sommes pas sortis de ce calendrier fixé par les chefs d’Etat. 
 
RFI : Ce que disent les adversaires du colonel Kadhafi, au Conseil national de transition, c’est qu’il n’y a rien à négocier avec ce Monsieur, qui est un menteur. Ils refusent toute négociation. Est-ce que ce n’est pas un problème pour vous ?
 
J.P : Vous savez, nous, nous parlons avec eux. Nous savons qu’ils ont accepté de nous recevoir, comme Kadhafi. Les autorités de Tripoli, ont accepté de nous recevoir. Donc c’est à partir de là que les choses vont s’engager. 
 
RFI : Vous prônez donc une solution politique. Est-ce que ça veut dire que vous souhaitez que le colonel Kadhafi reste au pouvoir ?
 
J. P : Non! Nous souhaitons une chose : c’est qu’on réponde aux aspirations du peuple libyen, à la démocratie, à la liberté, à l’Etat de droit. Et pour y arriver, nous pensons qu’il faut engager une négociation. Mais n’allez surtout pas imaginer que nous voulons que les choses restent en l’état ! Ce n’est pas possible ! 
 
RFI : Le Conseil national de transition dit que jamais le colonel Kadhafi n’acceptera le verdict des urnes.
 
J.P : Oui. Beaucoup de gens le disent. Des pays africains vont même plus loin ; qu’il n’acceptera rien du tout. C’est tout à fait possible et c’est ce que nous cherchons à voir. 
 
RFI : Et c’est pour ça que vous voulez parler avec lui ?
 
J.P : Exactement. 
 
RFI : Mais ce sommet du 25 c’est demain ! Il sera nécessairement reporté. Est-ce que vous avez déjà une autre date indicative ?
 
J.P : Non. Pourquoi vous voulez que ce soit reporté ? La partie libyenne a accepté, il y a trois jours, l’intégralité de ce que je viens de vous dire. Pas seulement le cessez-le-feu, mais y compris le paragraphe 4 quant à la légitimité des aspirations du peuple libyen, à la démocratie, à la réforme politique et à la sécurité. 
 
RFI : Vous dites que le camp Kadhafi a accepté de venir à cette réunion à Addis-Abeba. En revanche, vous n’avez toujours pas de réponse du Conseil national de transition de Benghazi.
 
J.P : Nous attendons l’acceptation formelle des gens de Benghazi, pour venir à Addis-Abeba. S’ils ne viennent pas à Addis-Abeba… Nous leur avons proposé de les rencontrer, soit à Benghazi, soit au Caire, soit à Tunis. Comme je vous l’ai dit, dès mon entrée en fonction, je ne suis ni pour la précipitation, ni pour la diplomatie du mégaphone. 

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Commentaires (13)

En lisant les différents

En lisant les différents commentaires, je me dis qu'heureusement le ridicule ne tue pas! Il y a quelques semaines, Khadafi apparaissait à la télé et menaçait de mort les opposants à son régime! Pire, il envoyait son armée bombarder la population qu'il est sensé défendre et vous voulez le faire passer pour un héros national luttant contre l'impérialisme! En réalité il s'agit d'un mégalomane assoiffé de pouvoir qui mérite de se faire détroner.
L'autre question est de savoir si les occidentaux avaient le droit de l'attaquer. Je dis Non! Car en agissant ainsi ils se contredisent! Ils prônent les libertés des états et les souverainetés et se permettent de s'inségerer lorsque ça les arrange.
Il y a eu des génocides inimaginables sur le continent africain (Rwanda, Sierra Leone, Darfour....bientôt la côte d'ivoire) personne n'est venu au secours de ces populations là. Alors pourquoi maintenant? Parce que la libye possède les plus grandes réserves de pétrole en Afrique, parce que le fils de Khadafi s'est permi d'insulter et menacer Sarkozy??? Nul ne le sait.
Il est clair qu'il fallait faire cesser les tueries, et c'était à l'union africaine de prendre cette responsabilité là non aux pays occidentaux. Malheureusement, cette union est incompétente et inutile. La plupart des dirigeants étant des pantins de Kadhafi, il est clair qu'aucun d'eux n'oserait se le mettre à dos. Autant pour la réaction.
Alors bien que je les africains se sentent humiliés de voir leur souveraineté bafouée, je dis que nous l'avons cherché et nous n'avons à nous en prendre qu'à nous même!!!

@ Francis

Tu as raison sur toute la ligne, sauf, le dirigeants africains n'ont pour la plupart pas été choisis par leur peuple. Les oppositions africaines sont réduites à néant par des rouleaux compresseurs comprenant corruption, tortures, manipulations, et tout ce que l'on peut imaginer un être humain faire pour garder ou accéder au pouvoir.

Les dirigents africains qui

Les dirigeants africains qui ont cautionné cette intervention le regretteront à vie! Ils oublient que le linge sale se lave à la maison et non chez le voisin. Offrir la terre libyenne aux loups pèsera lourdement dans leur conscience, une fois rattrapé par la raison de la vie. Les Africains ne doivent pas se tromper de combat. Son combat est celui de l,unité dans l'adversité et dans la terreur. Malheureusement, le langage des peuples africains diffèrent de celui de ses dirigeants.

pauvre afrique il s'attaque a tes fils sans meme te consulté

Mr PING devrait avoir honte de déclarer qu'il n'a pas été consulté pour les bombardement en Libye lui qui se dit président de la commission de l'union africaine. c'est la preuve vivante que l'Afrique n'a aucun poids sur la scène international. et le Gabon, le Nigeria et l'Afrique du sud qui trahissent la position de l'UA on ne sait pas combien il ont reçu comme contre partie on le voit nous somme proche de la trahison de judas escariot qui avait trahit Jesus. S'il vous plait bombardé aussi au Yémen au Bahreïn et tous les pays ou il y'a des soulèvements populaires. depuis quand vient-on en soutien a la rebelle? c'est la preuve indiscutable qui nous faire croire ce sont ceux qui soutiennent les rebellions en Afrique aujourd'hui qui toujours fournir de la logistique a toutes les rebellions qui on existé en Afrique . avant il le faisait en cachette aujourd'hui il le font au yeux de tous le monde. Nous RENDRONS TOUS COMPTE A DIEU

Les dés étaient pipés d'avance

A travers les déclarations de Monsieur PING il apparait que l'option de la Guerre était prise depuis longtemps.Ils ont ourdi un plan pour saisir et se partager les milliards d'eusos de la Lybie aprés avoir créé de toutes pièces une ''opposition'' qu'ils ont armée et instrumentalisée. A coup sûr la date du 19 mars 2011 restera dans l'histoire comme le début d'une nouvelle ère. Celle de la raison du plus fort ?

poser une question

pourquoi Jean Ping parle de la Libye et de Benghazi ? est ce que c'est pas le mème pays?

que la lumiere soit

C'est pour la premier fois que la communauté internationale prend le parti des rebelles. Cette situation nous rappelle l'Irak, on voit écarter un président aimé par son peuple au profit des rebelles armés dangereusement. L'union africaine n'existe pas en principe, c'est une marionnette, un instrument,pouvant servir les intérêts de l'occident. jean ping parle au nom de qui, alors que son pays n'est pas démocratique. La leçon de politique bien ordonnée commence par son État c d origine. Ali BONGO a fraudé les élections en 2009, Jean ping,président de l union africaine n'a rien dit. Ce dernier n'a pas de leçon à donner à quelqu'un. Le guide doit rester.

je pense que toutes les "vérités" annoncées sont à revoir

en fait, moi, j'étais victime de tout ce qu'on disait sur tel ou tel situation dans le monde.
aujourd'hui, je suis obligé de me réveiller et de me poser la question de savoir si tout ce que l'on nous raconta était fondé.
sur l'Irak, le Vietnam, la Corée du nord, l'URSS voire même sur Hitler et son Allemagne qui aurait voulu anéantir l'univers au profit des ariens...
tout remettre en question; c'est urgent...

la bible nous dit que dans les dernières heures, tout sera mis à nu et l'on comprendra; serait que la dernière heure s'approche???

critique

je suis désolé de voir que l'Union Africaine marche en reculant, cette retrouvailles des incapables de bien gérer la chose publique, beaucoup des dossiers sont compromis par l'Union Africaine tels que l'affaire Hissein HABRE, d'autres révolutions n'ont pas vue l'armée tiré sur le peuple le cas de la Tunisie, l'Égypte pourquoi Monsieur le guide pense qu'il faut tirer sur le peuple qu'il qualifie de rat, ce n'est pas parce que l'on passe 42 ans au pouvoir que l'on fait de ce pays son patrimoine ou sa propriété.

La Libye

Le vote du Gabon, de l'Afrique du Sud et du Nigeria prouve que ces pays sont corrompus par la Franceafrique. Ce n'est pas sur eux que nous devons compter pour la creation des Etats Unis d'Afrique.
N'oublions pas que l'une des raisons de cette guerre est d'empêcher l'union.

Mr Ping

Je suis surpris par ta réaction. Il y a quelques jours, je t'ai vu a la télé avec Mr Ouatara. Et aujourd'hui, les mêmes avec qui vous détruisez la cote d'ivoire t'ont déjà laisse tombé. Voici la triste réalité: Ils n'ont pas besoin de tenir compte de vous. Morts ou vivants, Kadhafi et gbagbo seront dans nos coeurs à coté de Lumumba, Thomas Sankara, Nkruma, olypio

Confuses Dirigeants

C’est le vrai comportement des faux dirigeants africains. Comment pouvez-vous me dire qu’un père de famille est besoin d’être invité et informer avant de s’attaquer à sa famille? Pauvre Afrique, seulement DIEU te protégera contre tes confuses dirigeants.

Reaction sur l'article de Mr. Ping

En lisant la réaction de mr Ping, c'est dommage de constater que nos soi-disant leaders ou responsables ne veulent nullement s'émanciper. En parlant des votes des pays africains, trouvez vous ça sérieux que des pays africains essayent de vouloir se justifier en prétendant qu'ils auraient du s'abstenir pour le vote sur la zone d'exclusion aérienne...
Malheureusement la majorité des dirigeants africains ne sont que des hypocrites avec un esprit de dépendance totale des décisions de la France, des USA et des autres.

Des leaders qui sont incapables d'avoir une vision et la défendre, versatiles a faire vomir. Qu'ils laissent l'Afrique se morceler et ils comprendront l'importance d'être indépendant dans la tête.
C'est vraiment ecoeurant, mais le malheureux c'est le peuple africain qui se choisit des traitres pour le diriger.

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