«Offensive généralisée» des forces pro-Ouattara en Côte d'Ivoire


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Les forces soutenant le président ivoirien reconnu par la communauté internationale, Alassane Ouattara, ont lancé lundi 28 mars 2011 leur plus grande attaque depuis le début de la crise post-électorale. Ce mardi matin 29 mars elles ont encore progressé, prenant le contrôle de Bondoukou, à l'est du pays, indiquent des habitants de cette ville frontalière du Ghana. Le camp du président sortant Laurent Gbabgo parle d'une « offensive généralisée » sur toute la ligne de front qui coupe le pays depuis 2002. Trois fronts sont désormais ouverts ce que confirme l'état-major des forces républicaines pro-Ouattara.

Le cessez-le-feu a désormais volé en éclats et les FRCI (Forces républicaines de Côte d'Ivoire pro-Ouattara), composées essentiellement de soldats des Forces nouvelles progressent vers le sud du pays. Lundi soir, après des combats à quelques dizaines de kilomètres de Bondoukou, elles sont entrées aux environs de 19h00 dans cette ville située près de la frontière ghanéenne.

Cette prise s'est faite sans combat de rue puisque les forces de défense et de sécurité loyales à Laurent Gbagbo s'étaient retirées au préalable. D'après plusieurs sources, les « forces républicaines » avançaient mardi à la mi-journée vers le sud en direction d'Abengourou.

La situation est plus incertaine dans les villes de Daloa et de Duékoué. A Daloa, tout d'abord : d'après plusieurs sources, après de violents combats hier, les forces pro Ouattara sont entrées dans cette ville située au cœur de la boucle du cacao. Selon les dernières informations que nous avons pu recueillir, elles auraient pris le contrôle de bases militaires et de l'aérodrome de Daloa mais seraient toujours confrontées à des poches de résistance.

A Duékoué, dans l'ouest, les combats ont également été violents. D'après nos informations, les FRCI sont désormais présentes dans cette localité mais le contrôle ne serait pas encore total en raison de la résistance de quelques combattants fidèles à Laurent Gbagbo.

Daloa, Duékoué, Bondoukou : faut-il voir dans cette triple offensive une tentative de déstabilisation des forces fidèles à Laurent Gbagbo ou bien le lancement d'une opération armée de grande envergure ? A cette question, un proche de Guillaume Soro répond que désormais l'objectif est la prise d'Abidjan. Une source militaire estime que la simultanéité des attaques laisse clairement penser qu'un mouvement d'ensemble a été lancé.

Dans la capitale économique ivoirienne en tout cas, si la journée a été calme hier, de nouveaux combats étaient signalés ce mardi matin à Abobo, quartier majoritairement favorable à Alassane Ouattara. Des habitants de cette commune racontent que les forces de défense et de sécurité ont une nouvelle fois tiré des obus dans le secteur de PK 18.

L'impasse diplomatique

La dernière tentative en date pour trouver une issue politique à la crise ivoiriennne est la nomination d'un Haut représentant de l'Union africaine en la personne de José Brito, nomination aussitôt récusée par Alassane Ouattara.

Le président reconnu par la communauté internationale refuse l'arrivée de l'ex-chef de la diplomatie du Cap-Vert au motif qu'il a n'a pas été consulté, que ce Haut représentant n'est pas un ancien chef d'Etat et surtout qu'il n'est pas impartial.

Pour Amadou Gon Coulibaly, le secrétaire général de la présidence Alassane Ouattara, à l’heure actuelle l’important est d’appliquer le plan politique proposé par le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine qui prévoit notamment le départ de Laurent Gbagbo.

 

Aujourd’hui l’urgence c’est de faire accepter à Monsieur Gbagbo le plan politique d’ensemble tel qu’il a été arrêté par le CPS [le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine].
Amadou Gon Coulibaly, secrétaire général de la présidence Alassane Ouattara
10-10-2013 - Par Cyril Bensimon

Du côté du camp du président sortant, la réaction est évidemment à l'opposé. Ahoua Don Mello, le porte-parole du gouvernement de Laurent Gbagbo, estime que le camp adverse « cherche un arbitre partisan ».

Nous pensons que le fait que le Cap-Vert soit resté neutre constitue un gage de neutralité au niveau de l'arbitrage du conflit inter-ivoirien.
Ahoua Don Mello, porte-parole du gouvernement de Laurent Gbagbo
10-10-2013 - Par Cyril Bensimon

Pour sa part, José Brito a affirmé ce lundi soir que « le président Ouattara a ses raisons, que je respecte ». Le diplomate cap-verdien a toutefois constaté la difficulté de poursuivre sa mission dans l’état actuel et estimé que l’Union africaine doit « décider quelle est la meilleure voie à suivre ».

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