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Maintes fois annoncée, l'heure de la reddition de Laurent Gbagbo n'a finalement pas sonné. Le président sortant, encerclé par les partisans d'Alassane Ouattara, par la force de l'ONU et par l'armée française, refuse de reconnaître officiellement sa défaite. Il assure d'ailleurs, que contrairement à ce que dit le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé, il ne négocie pas sa reddition. Sur le terrain, le calme semble revenu à Abidjan. Les armes se sont tues mardi en fin d'après-midi, les forces pro-Gbagbo étant laminées,par les bombardements de l'ONU et de l'armée française sur leurs derniers bastions. L’appel au cessez- le-feu lancé par le camp de Laurent Gbagbo semble avoir été entendu.

Avec notre envoyé spécial à Abidjan,

Laurent Gbagbo s’avoue militairement vaincu mais pourtant il ne désarme pas. Les Forces républicaines sont venues deux fois aux portes de la résidence présidentielle. Les hélicoptères de l’Onuci et de la force française Licorne ont réduit ses capacités de défense au strict minimum. Et le chef de l’Etat sortant refuse toujours de signer le moindre document lui demandant de renoncer au pouvoir.

Pourtant dans la nuit de dimanche à lundi, les diplomates français se voulaient optimistes. Selon eux, la reddition de Gbagbo est une question de minutes, peut-être d’heures.
Au cours de cette nuit de feu, il aurait même été attendu à la résidence de l’ambassade de France qui jouxte la sienne. En vain ! Laurent Gbagbo n’est jamais venu. Et hier, il a rejeté toutes les propositions des Nations unies ou de la France.

Aujourd'hui, l'ère Gbagbo est tournée.
Méité Sindou
10-10-2013 - Par Nathalie Amar

Selon Jean-Marc Simon, le représentant de la diplomatie française à Abidjan, il a même récusé son médiateur, Alcide Djédjé. Selon RFI, Laurent Gbagbo a pris contact avec le chef de l’Etat mauritanien. Mais d’après un diplomate africain, cette ligne de communication est également coupée.

Mardi soir, les négociations pour obtenir le départ du président sortant étaient dans une impasse totale alors que le risque d’une nouvelle attaque des forces pro-Outtara sur sa résidence est désormais immense. Laurent Gbagbo, lui, prie et ne voit qu’une solution à la crise : discuter une nouvelle fois de la dernière élection présidentielle.

Déroute de l'armée de Laurent Gbagbo

Nous avons subi des frappes lourdes aériennes de l'armée française.
Etes-vous prêt à négocier?
10-10-2013 - Par Norbert Navarro

En moins d’une semaine, les forces républicaines ont conquis la partie sud de la Côte d’Ivoire. En moins d’une nuit, les hélicoptères d’attaque de l’Onuci puis de l’opération Licorne ont pulvérisé l’essentiel des capacités militaires des forces loyales à Laurent Gbagbo.

Mardi, les habitants d’Abidjan, pour ceux qui ont pu dormir, se sont réveillés avec une configuration sur le terrain totalement nouvelle. Dans la matinée, les combats ont eu lieu à Cocody, près de la résidence présidentielle. Mais très vite, en dehors de quelques tirs sporadiques, une accalmie a été observée sur la quasi-totalité de la métropole ivoirienne.

Les principaux généraux des forces loyales à Laurent Gbagbo ont officiellement décrété un cessez-le-feu. Les soldats des FDS (Forces de défense et de sécurité),sont en débandade et seuls quelques miliciens se sont risqués hier après-midi à se promener l’arme au poing. Selon des habitants, ces jeunes ont investi certaines parties de Cocody et Yopougon pour manifester avec leurs fusils d’assaut leur soutien à Laurent Gbagbo et commettre au passage quelques agressions.

Dans le sud de la ville à Koumassi, Treichville ou Marcory, les casques bleus et les soldats français ont mené des opérations de désarmement de ces milices. Puis en milieu d’après-midi, une vingtaine de véhicules de l’opération Licorne dont des blindés ont franchi le pont De Gaulle pour rejoindre le Plateau. Malgré la double pression militaire et diplomatique, Laurent Gbagbo entouré de ses derniers fidèles, continue de s’accrocher à un pouvoir totalement vacillant . S’il ne change pas d’avis, un nouvel assaut des forces pro-Ouattara pourrait être imminent.

Pour le Bureau de coordination des Affaires humanitaires des Nations unies, la situation humanitaire « est devenue absolument dramatique à Abidjan ». Par ailleurs, l'ONU estime qu'il y aurait « plusieurs centaines » de personnes ayant péri dans des massacres la semaine dernière à Duékoué, dans l'ouest du pays. Là, les bilans varient selon les sources, de 330 à un millier de victimes. Un charnier contenant 200 corps y a aussi été révélé.