Côte d'Ivoire : Laurent Gbagbo résiste toujours


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En Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo est toujours retranché, avec ses proches, dans sa résidence de Cocody à Abidjan. Et ses derniers fidèles, ont réussi le 6 avril à repousser une offensive des forces d'Alassane Ouattara. Les combats continuent. Au cours de ces dernières heures, la force française Licorne est intervenue pour exfiltrer l'ambassadeur du Japon. Sa résidence avait été attaquée quelques heures plus tôt par des «miliciens pro-Gbagbo qui avaient installé des armes sur le toit de l'ambassade du Japon», dit-on de source française. Lors de cette exfiltration, les hélicoptères français ont riposté à des tirs nourris des forces fidèles au président sortant, selon l'ambassade de France.

L'assaut a échoué hier, va-t-il reprendre aujourd'hui ? L'incertitude domine à Abidjan. Des tirs étaient encore entendus ce matin : des échanges de coup de feu à l'arme automatique mais aussi des tirs sporadiques à l'arme lourde. Comme l'explique cet habitant qui vit à 200 mètres de la résidence de Laurent Gbagbo et qui assiste, bien malgré lui, à tous ces événements.

Il y a des tirs sporadiques à l'arme lourde mais beaucoup plus espacés que dans la journée d'hier.
Témoignage d'un habitant près de la résidence de Laurent Gbagbo
10-10-2013 - Par Carine Frenk

Les Forces républicaines continuent de progresser dans la capitale Abidjan. Elles patrouillent désormais dans certains quartiers de Cocody, et les hommes du commandant Cherif Ousmane ont commencé à prendre des positions dans le Plateau. Leur cible est la conquête du palais présidentiel.

Reste que pour la prise de leur objectif prioritaire, la résidence où est retranché le président sortant Laurent Gbagbo, elles ont connu hier de sérieuses difficultés. Nombre des combattants pro-Ouattara connaissent mal ou pas du tout Abidjan et ceux-ci ne disposent pas de la puissance de feu nécessaire pour prendre une résidence présidentielle transformée en forteresse.

Mercredi soir, la force française Licorne a de nouveau frappé des objectifs militaires à la résidence où se terre le président sortant. Face aux « tirs nourris des forces pro-Gbagbo, situées dans et autour de la résidence présidentielle » et « notamment dirigés » vers la résidence voisine de l'ambassadeur de France, « avec des intrusions », la force française a effectué des « tirs de riposte par hélicoptère », selon l'ambassade de France.

A la demande de l'ONU et du Japon, la force Licorne est « intervenue pour exfiltrer l'ambassadeur du Japon et ses collaborateurs ». Selon les forces françaises, il y avait sur les toits des miliciens pro-Gbagbo qui avaient installé des armes lourdes.

Nos forces sont intervenues cette nuit, vers 23h, heure de Paris.
Gérard Longuet, ministre français de la Défense
10-10-2013 - Par RFI

A Washington, un responsable du département d'Etat indique que les diplomates indiens et israéliens ainsi qu'une vingtaine de journalistes ont sollicité l'aide des Etats-Unis pour quitter Abidjan.

 

La situation aux portes de la ville avec les forces pro-Ouattara

La vie reprend très progressivement ce jeudi matin sur la base arrière des FRCI (Forces républicaines de Côte d’Ivoire pro-Ouattara). Les combattants s’apprêtent, les moteurs recommencent à tourner et personne ici ne parle bien évidemment d’échec ou de défaite.

La journée de mercredi a surtout été marquée par l’arrivée de nombreux prisonniers, capturés pendant les opérations de ratissage qui sont menées par les éléments pro-Ouattara. Deux cents à trois cents personnes sont arrivées dans plusieurs camions bâchés. Elles ont été parquées dans les halls de cette station-service désertée, réservée à la vidange et au lavage des véhicules.

Ces Abidjanais ont été accueillis par des huées des FRCI qui les ont obligés à laisser leurs sandales et tee-shirt dans la cour. Tous étaient suspectés à leur arrivée d’être des miliciens pro-Gbagbo. Le bruit sourd des coups donnés lors d’interrogatoires musclés a résonné à plusieurs reprises dans un discret couloir de la station. En fin de journée, une partie de ces prisonniers, finalement innocentés, ont été libérés. Un camion a ramené certains d’entre eux en ville.

Ces arrestations, très peu ciblées, illustrent bien en tout cas l’état de nervosité des FRCI face aux embuscades tendues dans les quartiers par des miliciens pro-Gbagbo.

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