Délicate mission pour les médiateurs africains en Libye

Des combattants des forces rebelles sur la ligne de front à Ajdabiya, le 10 avril 2011.
© REUTERS/Youssef Boudlal

Les présidents mauritanien, malien, sud-africain, congolais et le ministre des Affaires étrangères ougandais, qui représente le président Museveni, se rendent séparément  pour d'évidentes raisons de sécurité à Tripoli ce dimanche 10 avril 2011. Après avoir rencontré le président Mouammar Kadhafi, les médiateurs de l'UA se rendront à Benghazi, la ville fief du Conseil national de transition. Pendant ce temps, aucune évolution significative n'est intervenue sur le terrain militaire en Libye. Les rebelles sont toujours confinés dans la ville d'Ajdabiya où ils ont perdu 12 hommes ce week-end. Les kadhafistes seraient même entrés en ville ce dimanche 10 avril 2011, au matin d'après l'Agence Reuters. A Misrata, à l'ouest, les forces kadhafistes maintiennent aussi plus que jamais leur pression malgré les frappes aériennes de l'Otan au cours de ces dernières heures.

Avec nos envoyés spéciaux à Benghazi

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les insurgés ne croient pas vraiment au succès de cette médiation africaine. Ils sont plus que sceptiques.

Un des porte-paroles du Conseil national de la transition, Mustafa Galliani, a indiqué que la « délégation serait reçue avec tout le respect mérité ». Les médiateurs veulent proposer l’instauration d’une période de transition et l’adoption de réformes politiques. Et pour le conseil, qui représente les insurgés, il est hors de question de discuter d’une transition qui comprendrait le maintien au pouvoir de Mouammar Kadhafi ou de l’un de ses fils. Ce n’est pas négociable.

Les opposants que nous avons interrogés, place de la Liberté à Benghazi ce dimanche, nous ont dit la même chose. « Un cessez-le-feu, oui, si le régime le respecte vraiment ».

Mais pour eux, il n’y aura pas de solution politique, sans le départ du colonel Kadhafi. Ils n’accepteront aucun compromis. C’est la base d’un éventuel dialogue. Beaucoup de scepticisme, donc, avant l’arrivée des présidents du panel, attendus dans la soirée, ici à Benghazi, et même de la méfiance, car pour certains révolutionnaires, l’Union africaine est dans le camp du régime. Ils rappellent que Mouammar Kadhafi est l’artisan de l’UA, qu’il la finance, qu’il s’est auto-qualifié de « roi des rois d’Afrique ».

Donc on l’aura compris, les opposants n’attendent pas grand-chose de cette visite, et la mission des médiateurs ici à Benghazi, s’annonce très délicate.
 

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