L'armée ivoirienne fait allégeance à Alassane Ouattara

Le président élu Alassane Ouattara salue le général Philippe Mangou à l'Hôtel du Golf à Abidjan lors de la cérémonie d'allégeance des responsables militaires, 12 avril 2011.
© AFP/Aristide Bodegla

Hier mardi 12 avril 2011, dans l’après-midi, l’Hôtel du Golf à Abidjan a accueilli deux des temps forts de la journée : la conférence de presse du Premier ministre Guillaume Soro et la cérémonie d’allégeance des responsables de la sécurité au nouveau président ivoirien, Alassane Ouattara. 

L’Hôtel du Golf à Abidjan est devenu un mélange surprenant d’établissement 4 étoiles et de camp retranché. L’entrée est étroitement surveillée par un dispositif qui associe casques bleus et combattants des Forces républicaines pro-Ouattara. Dans le grand hall, les politiciens en costume croisent des militaires en treillis.

Les chefs de la police, de la gendarmerie et de l’armée sont venus à l’Hôtel du Golf assurer Alassane Ouattara, président élu, de leur soutien. C'est ce que l'on appelle la cérémonie d'allégeance : chacun d’eux est passé au pupitre déclarer sa disponibilité, comme le général Philippe Mangou, chef d’état-major des armées. Dans sa réponse, Alassane Ouattara a cherché à rassurer…

Concernant le pardon et la réconciliation, c'est véritablement ce qui m'anime et je voudrais vous demander de dire à tous ceux qui sont sous vos ordres que la République continue et que l'Etat continue...
La «cérémonie d'allégeance», le reportage de notre envoyé spécial à Abidjan
10-10-2013 - Par Laurent Correau

Suivez le récit de cette cérémonie, par les hauts gradés ivoiriens sur la TCI, Télé Côte d'Ivoire, d'Alassane Ouattara. Le général Phillippe Mangou, chef d'état-major des armées appelle les Ivoiriens à déposer les armes.

Autre temps fort, la conférence de presse de Guillaume Soro

Le responsable d'une bande d'assassins aujourd'hui se pose comme un justicier ? Je suis pour le procès !
Maître Jacques Vergès
10-10-2013 - Par RFI

Premier point marquant de cette conférence de presse : le constat de Guillaume Soro sur les pillages à Abidjan. Selon lui, le phénomène a connu une recrudescence ces derniers jours. « Nous avons décidé d’y mettre un terme », a déclaré le Premier ministre et ministre de la Défense. Guillaume Soro estime que la plupart des pillages sont commis par des miliciens pro-Gbagbo, mais il a prévenu les combattants des FRCI qui se livreraient à de tels actes qu’ils seraient radiés de la Force.

Sur les massacres dans l’Ouest, le Premier ministre et ministre de la Défense a demandé à ce qu’on vienne faire une enquête pour établir les faits. Tout en disant sa certitude que ce sont les milices pro-Gbagbo et les mercenaires libériens qui étaient à l’origine des exactions. « Nous ne serons pas tendres, a-t-il dit, vis-à-vis des responsabilités qui vont se dégager ».

Guillaume Soro a également démenti toute implication de la France dans la capture de Laurent Gbagbo. Il a rappelé que les Forces républicaines n’avaient eu besoin de personne pour arriver jusqu’à Abidjan en peu de temps, ce qui montre selon lui leurs capacités.

Que sont devenus les caciques du régime Gbagbo ?

Cent six personnes ont été conduites de force, lundi 11 avril 2011 dans après-midi, de la résidence présidentielle à l'Hôtel du Golf. Depuis ce mardi matin, elles ne sont plus que cent cinq. Désiré Tagro est décédé dans une clinique d'Abidjan après avoir reçu une balle dans la mâchoire. Guillaume Soro a ordonné une autopsie pour déterminer si le secrétaire général de la présidence de Laurent Gbagbo est mort suite à un tir des FRCI (Forces républicaines de Côte d'Ivoire, pro-Ouattara) ou s'il s'est suicidé.

Depuis lundi après-midi, Laurent Gbagbo et ses proches sont retenus dans trois points différents de l'hôtel.

Le président sortant, son épouse Simone, les enfants et les petits enfants arrivés totalement apeurés et affamés sont sécurisés dans une suite située au quatrième étage. 

D'autres notables du FPI (Front populaire ivoirien), tels que Aboudramane Sangaré et sa mère, ont eu aussi droit à une chambre. Pour échapper au lynchage, des dizaines d'autres ont été mis en sécurité au « Flamboyant », le bar de l'hôtel.

Enfin, les militaires mais aussi du personnel de la résidence ont été déshabillés et se retrouvent désormais captifs sur les cours de tennis du palace. Ce mardi, d'autres caciques du régime Gbagbo, tel que le ministre de l'Economie Désiré Dallo, sont venus trouver refuge au quartier général d'Alassane Ouattara.

Pascal Affi Nguessan, le président du FPI, et Ahoua Don Mello, le porte-parole de Laurent Gbagbo, ont eux été aperçus sur la base militaire française de Port-Bouët. Le mystère demeure concernant Charles Blé Goudé. Selon ses proches, le leader des jeunes patriotes se cache actuellement en dehors d'Abidjan.

 

 

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