A Abidjan, la situation d'insécurité est toujours préoccupante


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A Abidjan, même si la vie reprend progressivement dans certains quartiers, la situation d'insécurité est toujours très préoccupante dans la capitale économique de Côte d'Ivoire. Des hommes armés terrorisent les habitants en multipliant les pillages et les violences.

Les quartiers résidentiels et cossus de Cocody, des 2-Plateaux, d'Angré sont particulièrement soumis à des scènes de pillages. Selon de nombreux témoignages concordants, armés de mitrailleuses et de kalachnikovs, les malfaiteurs écument les villas du quartier, les unes après les autres. Le propre domicile Yacouba Doumbia, le vice-président du MIDH (Mouvement ivoirien des droits de l’homme) a été vandalisé selon un scénario désormais habituel. « C’est des groupes de cinq, dix personnes qui commencent par forcer le portail d’entrée (...), munis de couteaux, de fusils. Vous, vous vous n’avez pas d’arme, vous êtres à leur merci », a précisé Yacouba Doumbia.

De telles scènes de violences laissent les populations traumatisées et déboussolées. « On a appelé l'Onuci, la force Licorne et les FRCI. Personne n'a répondu à notre appel » raconte une habitante de Cocody qui signale qu'au bout de plusieurs heures d'attente et d'insistance, des hommes en armes sont venus enfin patrouiller. « C'était les mêmes que ceux qui pillaient », ajoute-t-elle.

Le président Ouattara a promis de s'occuper sérieusement de ces questions d'insécurité. Selon l'Onuci, des équipes mixtes Onuci, françaises et ivoiriennes patrouillent dans les quartiers d'Abidjan. « Pas suffisant ! », pour ces habitants qui, en attendant les forces de l'ordre, s'organisent et se regroupent entre voisins pour avoir moins peur.

Dans certaines zones de Yopougon, comme celle de Yopougon-Croix Rouge, ce sont les miliciens pro-Gbagbo qui terrorisent la population. Koffi, un habitant, témoigne :

Tous les jours que Dieu fait les pro-Gbagbo commettent des exactions. Ils sont tous en civil, ce sont des miliciens et des mercenaires. Ils ont gardé leurs armes
Témoignage de Koffi sur les exactions à Yopougon
10-10-2013 - Par Carine Frenk

En revanche, d'après des témoignages concordants, des éléments des FRCI, les Forces républicaines de Ouattara se livrent aussi à de violentes représailles contre les partisans du président déchu à Abidjan, dans l'ouest et dans la région de San Pedro.

Les quelques personnes qui sortent dans les rues d’Abidjan semblent discrètes. On ne

Reportage auprès des habitants de la Zone 4
10-10-2013 - Par Stanislas Ndayishimiye

s’interpelle pas à distance comme d’habitude. Bref, les Abidjanais observent, mais parfois, les langues se délient.

 

Retour à la normale dans le quartier de la Riviera à Abidjan
10-10-2013 - Par Laurent Correau

Après la bataille d’Abidjan, l’heure est à la sécurisation de la capitale économique. Les Forces républicaines pro-Ouattara organisent des patrouilles pour lutter contre le pillage des maisons et tenter de collecter les armes dispersées dans la ville. L’un de nos envoyés spéciaux à Abidjan, a suivi l’une d’elles. Il a pu constater un début de retour à la vie normale dans le quartier de la Riviera.

Cependant, la situation à Abidjan reste encore marquée par la quasi-absence d’activités, quatre jours après l’arrestation de Laurent Gbagbo. Le couvre-feu décrété par le président Ouattara depuis la semaine dernière prend fin ce 14 avril. Hier encore, les quelques magasins ouverts ont fermé en début d’après-midi. Reportage.

Les magasins ferment très tôt
Fermeture des magasins à Abidjan
10-10-2013 - Par Stanislas Ndayishimiye

Et pour trouver à manger, c'est encore le système D, comme explique cette femme qui travaille comme cuisinière pour une famille installée à Cocody.

Il n’y a pas beaucoup de choses. Et en plus cela coûte cher : cela va du simple au triple. On ne peut pas se déplacer, on est obligé de payer.
Témoignage d'une cuisinière qui a du mal à trouver à manger
10-10-2013 - Par Sarah Tisseyre

Aide d'urgence de l'ONU

L'Unicef est parvenue le 12 avril à distribuer une aide d'urgence à Abidjan pour la première fois depuis plusieurs semaines, via ses partenaires de la Croix-Rouge ivoirienne. Le Fonds des Nations unies pour l'enfance espère pouvoir rapidement mettre un coup d'accélérateur à ses opérations. Hervé Ludovic de Lys, le représentant de l'Unicef en Côte d'Ivoire s'en explique.

Les besoins sont importants. Nos grandes priorités sont le traitement de l'eau, tout ce qui concerne la santé, et les besoins nutritionnels.
Les « Grands défis» pour Hervé Ludovic de Lys, représentant de l'Unicef en Côte d'Ivoire
10-10-2013 - Par Sarah Tisseyre


« Pour agir, estime le représentant de l'Unicef en Côte d'Ivoire, il faut « pouvoir se déplacer ».

Il faut absolument que les agences de l'ONU et les ONG humanitaires puissent rapidement retourner sur le terrain.
Hervé Ludovic de Lys, le représentant de l'Unicef en Côte d'Ivoire
10-10-2013 - Par Sarah Tisseyre