Les « Brics » tentent de s’organiser

Un petit déjeuner de travail des « Brics » lors de leur sommet à Sanya, en Chine
© Reuters/Dmitry Astakhov

Le sommet des grandes puissances émergentes, les « Brics », s’est achevé ce jeudi 14 avril 2011, à Sanya, sur l’île chinoise de Hainan. La volatilité des matières premières et l’afflux massif de capitaux inquiètent les pays émergents.

Lors de ce sommet, les Brics - Brésil, Russie, Inde et Chine - rejoints pour la première fois par l'Afrique du Sud, se sont dits préoccupés par la fragilité de la reprise actuelle. Ils s’inquiètent notamment du risque que fait courir « la volatilité excessive des prix des matières premières, particulièrement l’alimentation et l’énergie, pour la poursuite de la reprise mondiale ». Ces variations sur les matières premières ont été accentuées, ces dernières semaines, par la guerre en Libye ou le séisme et la crise nucléaire au Japon.

Les cours du pétrole ont bondi de plus de 20% en un an. Les produits agricoles ont, eux aussi, battu, depuis fin 2010, tous les records de hausse. Sur les marchés, les prix du blé, du maïs, du soja, de l’huile, du coton et du café se sont ainsi envolés de plus de 50%. Conséquence de cette flambée, les pays émergents doivent désormais lutter contre une forte inflation. En Chine, la hausse des prix à la consommation a approché 5% en mars 2011. Elle a atteint 6% au Brésil et dépasse même 8% en Inde.

Adhésion de la Russie à l’OMC

Les Brics se sont également dits inquiets « des risques posés par l'afflux massif de capitaux étrangers dans leurs pays ». Depuis 2010, les Brics voient affluer vers leurs pays des montants élevés de capitaux. Les rendements des placements sont, en effet, plus élevés dans les économies émergentes que dans les pays développés, où les taux d'intérêt sont très bas. Pour un investisseur qui emprunte des dollars à des taux proches de 0%, les obligations brésiliennes offrent un rendement de 9%.

Ces afflux massifs de capitaux engendrent une pression inflationniste, c’est pourquoi certains pays émergents ont décidé de restreindre ces flux. En Inde et en Chine, la régulation s’est durcie pour certains types de capitaux. Le Brésil a également instauré une taxe sur certaines transactions de change et sur certains investissements de portefeuille. Mais pour l’heure, ces mesures prises ont eu un faible impact.

Enfin, les cinq pays émergents se sont prononcés pour « une adhésion rapide de la Russie à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) ». Moscou est la dernière grande puissance à ne pas être intégrée à l'OMC, malgré le lancement de négociations dès 1993. Son adhésion a notamment été remise en cause par les Etats-Unis en août 2008 après l'intervention russe en Géorgie.

Pour en savoir plus :

Le site de l’OMC
http://www.wto.org/indexfr.htm

Le site de la présidence française du G8/G20
http://www.g20-g8.com/g8-g20/g20/francais/accueil.1.html

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.