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Bahreïn

Une quatrième mort suspecte dans les prisons du royaume de Bahreïn


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Depuis le début du mois d'avril, 4 détenus sont  morts de manière suspecte dans les prisons bahreinies. Les États-Unis s'en inquiètent et demandent au gouvernement d'assurer la sécurité de toutes les personnes emprisonnées et la transparence sur les procédures judiciaires en cours.

Avec notre correspondante à Manama, Angélique Férat

Cette série de morts dans les prisons bahreinies creuse encore un peu plus le fossé entre le régime et la communauté musulmane chiite. L’homme qui est mort ce 12 avril est un homme d’affaires, membre fondateur du parti islamiste Al-Wefaq, Karim Fakhrawi, 49 ans, arrêté il y a dix jours alors qu'il venait porter plainte contre une perquisition dans la maison d'un de ses parents.

Les autorités ont interdit tout défilé ce mercredi et les obsèques ont dû se dérouler dans la mosquée, et dans la mosquée seulement. Des dizaines de personnes étaient présentes, moins que prévu car l’heure des funérailles a été avancée au dernier moment.

La femme du défunt et ses deux filles ont tout juste pu voir le corps : « Quand ils nous ont rendu le corps, on n’a pas eu le droit de prendre des photos. On n’a pas pu assister au nettoyage du corps avant les funérailles. Ils ont dit qu’il avait eu une défaillance rénale, mais c’est un mensonge. Croyez-moi, mon mari allait très bien. Je voudrais juste savoir comment il se sentait, ce qu’ils lui ont fait dans le commissariat. Nous n’avons vu que ses yeux. Ils étaient noirs, ils avaient des hématomes bleu et violet ».

Ces soupçons de torture attisent la colère de la communauté chiite. Dès la sortie du corps, les cris de «Vive notre martyr», «Vive l’imam Hussein» ont retenti. Et bien sûr, ont suivi des appels à la chute du régime des Khalifa, la famille royale régnante de Bahreïn.

Selon la version officielle, Karim Fakhrawi serait décédé d'une maladie rénale.

L'organisation des droits de l'homme, Human Rights Watch  a demandé une enquête sur les 4 cas suspects. Elle a rappelé que le royaume de Bahreïn a ratifié la Convention internationale contre la torture.

Entre 400 et 600 personnes seraient actuellement détenues en relation avec le mouvement de révolte qui secoue le petit royaume de Bahreïn, depuis le 14 février

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La Ve flotte américaine a son port d'attache au Bahreïn. Un projet d'extension des installations militaires est en cours. Près de 6 000 ressortissants américains membres de la Défense et de l'armée vivent dans le royaume.
 

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