Au Burkina, le président Compaoré dissout le gouvernement


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La grogne des militaires au Burkina Faso a donc entraîné vendredi soir 15 avril la chute du gouvernement. Le chef d'état-major et le chef de corps de la garde présidentielle ont également été écartés. Le chef de l'Etat, Blaise Compaoré a pris cette décision après un nouveau mouvement de colère des soldats dont des éléments de sa propre garde présidentielle, jeudi soir. Des tirs à l'arme lourde ont retenti pendant plusieurs heures et ils se sont poursuivis dans la journée de vendredi.

L’information qui circulait dans tous les milieux officiels cet après-midi s’est confirmée : par un décret lu ce vendredi soir à la radio nationale, le gouvernement du Premier ministre Tertius Zongo est dissous, tous les ministres sont renvoyés immédiatement et ce sont les secrétaires généraux des ministères qui vont assurer les affaires courantes en attendant la nomination d’un nouveau Premier ministre et d’un nouveau gouvernement.

C’est la première fois, depuis le retour à la vie constitutionnelle au Burkina en 1991 qu’un gouvernement est dissous, c’est la preuve que la crise est jugée suffisamment grave par Blaise Compaoré.

Le président burkinabé a par ailleurs procédé à deux changements majeurs au niveau de l’armée. En effet, le colonel majeur Honoré Traoré vient d’être nommé chef d’état-major général des armées en remplacement du général Dominique Djindjéré. Ce dernier avait été décrié par des militaires lors des concertations entre Blaise Compaoré et l’armée, il y a quelques jours. Honoré Traoré était jusque-là le patron du GCA (le Groupement central des armées) et c’est lui qui a géré à distance la première mutinerie.

Autre changement : le colonel Boureima Kéré prend la place du colonel Omer Batiolo comme chef des corps de la garde présidentielle. Jusque-là le chef des cabinets militaires du président burkinabé, le colonel Kéré, s’est employé toute la nuit d’hier jeudi à faire entendre raison aux mutins qui s’étaient soulevés. Il est considéré comme quelqu’un d'assez populaire au sein des troupes de la garde présidentielle.

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