Mutinerie au Burkina Faso : la tension persiste à Ouagadougou


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Le président Compaoré, qui avait quitté la capitale dans la nuit du 14 au 15 avril 2011 pour sa ville natale, a regagné vendredi en fin de matinée le palais présidentiel où il a eu plusieurs rendez-vous. Pourtant, des dizaines de soldats étaient toujours dans les rues de Ouagadougou ce matin, des témoins signalant encore des tirs en l'air, d'autres des pillages. Et en fin d'après-midi, la tension n'était pas totalement retombée.

Blaise Compaoré a maintenu ses rendez vous du jour. Au palais, il a reçu ce vendredi après-midi le représentant en Côte d'Ivoire du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, le patron de la BOAD (Banque ouest-africaine de développement), ou encore le ministre norvégien de l'Environnement et de la Coopération internationale, Erik Solheim. Après la rencontre, ce dernier a déclaré que le président Compaoré voulait « engager le dialogue » pour mettre fin à la contestation dans son pays.

Le chef de l'Etat burkinabé n'a toutefois encore fait aucune déclaration, lui qui avait dû aller s'abriter la nuit dernière dans sa ville natale, à 30 km de Ouagadougou.

Comme dans la nuit je ne pouvais pas venir à cause des tirs, c'est ce matin que j'ai découvert ce qui s'était passé.
Témoignage d'un commerçant pillé à Ouagadougou
10-10-2013 - Par RFI

Car c'est dans l'enceinte même du palais présidentiel que de jeunes éléments de la garde présidentielle ont lancé un mouvement de colère jeudi soir, tirant à la kalachnikov, à la mitrailleuse, au lance-roquettes anti-char... « un vrai feu d'artifice » selon certains.

A priori, ces militaires réclamaient des indemnités de logement qu'avait promis le président récemment et qui ne figuraient pas sur leurs bulletins de salaires hier. Mais leurs motivations profondes restent à clarifier.

Encore des tirs sporadiques en ville

Le mouvement en tout cas a fait tache d'huile. D'abord dans une autre caserne de la garde présidentielle où le domicile du chef d'état-major particulier du président, le Général Diendéré, a notamment été incendié, puis dans trois autres camps militaires de la capitale.

Les soldats sont sortis en ville pillant des magasins d'électroménager, de téléphonie, de deux roues. Les tirs en l'air ont été intenses toute la nuit. A la mi-journée encore, des militaires écumaient les rues, parfois visiblement éméchés... certains s'emparaient de véhicules.

Ce vendredi après-midi, la tension était un peu retombée, mais des témoins nous signalent encore des tirs sporadiques en ville.