Republier
Syrie

Un mois de contestation en Syrie

Depuis le début du mouvement de contestation le 15 mars, les télévisions syriennes diffusent continuellement les images des manifestations de soutien au président, des chansons nationales et invitent les gens à exprimer leur solidarité avec le régime.
© RFI/Tarek Kai

La pression internationale s'est accentuée sur la Syrie, accusée de réprimer le mouvement de contestation avec l'aide de l'Iran, un mois après le début des manifestations. Le régime a annoncé la formation d'un nouveau gouvernement, chargé de mener des réformes, et la libération de prisonniers. Cependant, Bachar el-Assad n'a toujours pas levé l'état d'urgence en vigueur depuis 1963, comme il l'avait promis aux manifestants.

Il y a tout juste un mois, le 15 mars 2011, des rassemblements se forment, simultanément, à Damas et dans six villes du pays à l'appel d'une page Facebook,  Révolution syrienne 2011. Ils réclament une Syrie sans tyrannie, sans loi sur l'état d'urgence ni tribunaux d'exception. La Syrie compte ses premiers morts. À Deraa, dans le sud, 15 adolescents auteurs de graffitis sont arrêtés. Débute un cycle sans fin de manifestations, violement réprimées, de funérailles suivies de rassemblements qui sont à leur tour réprimés dans le sang.

Le 23 mars, il y a déjà une centaine de morts dans la ville de Deraa, selon les organisations internationales. Le gouverneur est limogé et le lendemain, le pouvoir annonce des mesures de démocratisation, promet la lutte contre la corruption et la création d'une commission chargée d'examiner l'abrogation de l'état d'urgence, en vigueur depuis 1963.

La contestation se propage dans les villes de Lattaquié, Banias, Alep, à l'université de Damas. À chaque fois, l'appareil sécuritaire syrien réplique de façon implacable. Des centaines de manifestants sont arrêtés, ceux qui sont libérés disent avoir été torturés. Les nervis du régime sont aussi lâchés : des snipers masqués ouvrent le feu de façon indiscrimée. Washington, Paris, Londres et l'Union européenne condamnent la répression des manifestants.

Ce nouveau cabinet n'est pas un gouvernement de réforme. Ce sont les mêmes gens du passé qui le composent.

Radwan Zihadeh
15-04-2011

Le 30 mars, le président Bachar el-Assad sort de son silence, mais ne fait aucune concession. La contestation s'étend dans le nord à majorité kurde et les arrestations continuent. Les partisans du président entrent en liceLes forces de l'ordre interviennent toujours violemment et la liste des victimes s'allonge. Un nouveau chef de gouvernement, Adel Safar, est nommé pour former une nouvelle équipe. Le régime libère 48 détenus, principalement kurdes, arrêtés il y a un an.

Le blackout médiatique est total. Aucun journaliste étranger n'est autorisé à entrer dans le pays. Seul les opposants en exil osent ouvertement s'exprimer. Le pouvoir syrien continue de tout contrôler. Sauf peut-être les esprits. Il y a un mois, la page Facebook Révolution Syrienne 2011 recueillait 47 000 soutiens. Aujourd'hui, elle en a près de 115 000.

La diplomatie américaine a accusé l'Iran d'aider le régime syrien à réprimer les manifestants en livrant des équipements antiémeutes*.

_______________

*(lire article RFI 23/3/2011)

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.