Guerre civile et urgence humanitaire à Misrata


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L'Organisation internationale des migrations a pu évacuer près de mille migrants de la ville côtière de Misrata. Troisième ville du pays et la seule de l'ouest aux mains des insurgés, Misrata est le théâtre d'une guerre urbaine et asymétrique entre les forces loyales et les insurgés. Située entre Tripoli et Syrte, deux villes encore aux mains de Mouammar Kadhafi, la ville de Misrata a de nouveau été bombardée lundi 18 avril par les hommes du colonel. Dix sept personnes sont mortes au cours de la journée de dimanche. Mille morts ces six dernières semaines de source médicale, la majorité sont des civils. La ville de Misrata présente un véritable enjeu mais les habitants en paient le prix fort.

Les grandes artères de Misrata sont jonchées de gravas, les murs présentent des impacts de mortiers, les hôpitaux sont engorgés de combattants blessés. Tirés à plus de 20 kilomètres, les missiles à sous-munitions déversent une pluie d'acier qui n'épargne pas les enfants. Postés sur des toits d'immeubles du centre, les snipers tuent aussi sans distinction.

Face à eux, les insurgés résistent, avec l'aide de l'Otan. Les blindés pro-Kadhafi sont souvent positionnés près des unités d'habitations, et compliquent la tâche de l'Alliance atlantique. Il n'empêche : ces sept derniers jours, l'Otan affirme avoir détruit quatorze tanks, un blindé de transport de troupes, un hélicoptère au sol, trois bunkers et quatre radars.

L'Otan a aussi déjoué une offensive des pro-Kadhafi sur le port, l'unique moyen de communication des insurgés avec le monde extérieur. Les chars encerclent la ville, qui vit sous perfusion grâce aux vivres des navires humanitaires. Il y a un véritable enjeu à Misrata.

Les insurgés veulent à tout prix conserver cette ville à deux cents kilomètres de Tripoli et prouver qu'à l'ouest aussi, on lutte contre Kadhafi. A l'inverse, si le vieux colonel parvient à reprendre la ville, il dominera toute la Tripolitaine et pourra réclamer une partition du pays.

La situation humanitaire se dégrade

Les Nations unies ont exigé la fin des attaques contre Misrata. C'est dans ce contexte que la Grande-Bretagne a promis d'évacuer par bateau plusieurs milliers de travailleurs étrangers bloqués sur le port de la ville. L'Organisation internationale des migrations a, elle, évacué mille migrants. Quatre mille autres attendent toujours. Ils vivent dans des situations très précaires.
 

Ça fait plusieurs semaines qu'ils sont là sans abri, sans nourriture, sans d'eau potable.
Jemini Pandya, porte-parole de l'Organisation internationale des migrations (OIM)
10-10-2013 - Par Nicolas Champeaux

L'ONU a quand même obtenu la promesse d'un couloir humanitaire vers la ville rebelle assiégée de Misrata. Tandis que deux émissaires onusiens ont été envoyés à Tripoli.

Avec notre correspondant à New York, Karim Lebhour

Les Nations unies tentent toujours d'obtenir un cessez-le-feu en Libye, pour l'instant sans succès. La demande d'un arrêt du pilonnage de la ville rebelle de Misrata n'a pas été entendue. Seule concession du régime libyen : l'ouverture d'un couloir humanitaire pour permettre à l'ONU de livrer aide et médicaments aux 300 000 habitants de la ville.

Beaucoup tentent de fuir. Le secrétaire d'Etat britannique pour le Développement, Andrew Mitchell, s'est engagé à financer l'évacuation par bateau de 5 000 travailleurs immigrés bloqués par les combats sur le port de Misrata.

« La situation à Misrata et ailleurs dans l'ouest de la Libye est extrêmement grave. C'est pourquoi la Grande-Bretagne va financer l'évacuation de ces 5 000 travailleurs immigrés du port de Misrata jusqu'à Benghazi d'où ils pourront rentrer chez eux. Beaucoup d'entre eux sont originaires d'Afrique sub-saharienne. Nous devons les mettre hors du danger dans lequel il se trouve à Misrata du fait de l'offensive des forces du colonel Kadhafi », a déclaré Andrew Mitchell.

L'ONU a également obtenu d'établir avec la Croix-Rouge une présence humanitaire à Tripoli, sous le contrôle du colonel Kadhafi.

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