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Burkina Faso

Des mutins à Kaya, des étudiants en révolte à Koudougou


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Après Ouagadougou, Pô et Tenkodogo, c'est à Kaya que, dimanche soir, des militaires sont sortis de leur caserne et ont tiré en l'air. Kaya est située à une centaine de kilomètres de la capitale. Et lundi matin, des jeunes ont violemment manifesté dans les rues de Koudougou.

La nuit a été longue à Kaya et comme dans les autres villes, ce sont de jeunes militaires qui ont semé la panique. Ils ont vandalisé plusieurs boutiques. Ils ont également saccagé la maison du commandant de la première région militaire et le domicile du chef du corps du régiment de commandement d'appui et de soutien. Témoignage de Sana Rasmané le président des commerçants de Kaya. « Les tirs ont continué durant toute la nuit jusqu’au petit matin. Ce matin, toutes les boutiques étaient fermées et ce n’est qu’aux environs de dix heures qu’un lieutenant est venu avec ses hommes nous préciser de dire aux commerçants  d’ouvrir qu’il n’y a pas de problème. Tout est rentré dans l’ordre. Ils ont discuté un peu, que c’était une affaire entre eux les militaires et que les civils n’étaient pas concernés ».

Les civils ne sont pas concernés : voilà le message de ces chefs militaires qui n'en ont pas dit plus à la population burkinabè. A Kaya, le calme est revenu ce lundi matin. Les commerçants qui ont perdu leurs marchandises sont allés porter plainte et la vie reprend au marché.

Le calme est aussi revenu à Tenkodogo et à Pô où des tirs ont été entendus pendant le week-end. Dans ces villes, les mutins ont tiré en l'air dans plusieurs quartiers et ont braqué des véhicules. « Impossible de dormir plus de cinq à dix minutes tellement il y avait du bruit », nous racontait hier un habitant de Pô.
 
Dans cette ville proche de la frontière avec le Ghana, un couvre-feu a dû être instauré dimanche à 13h. Il a finalement été levé à 19h30.
 
Trois villes au total ont été secouées ce week-end. Il s'agit de soulèvements, très localisés et très ponctuels et difficiles à décrypter.
On parle de revendications de primes, de solidarité entre casernes.
 
Ce qui semble clair, c'est que les mutins ont des comptes à régler avec leurs supérieurs. Car chaque fois, ils s'en prennent, au domicile de leurs chefs militaires.
 
Et aux militaires, s’ajoutent ce lundi 18 avril la colère des civils. On signale des violences à Koudougou, dans l’ouest du pays. Des jeunes ont incendié le siège du parti au pouvoir et une résidence de l’ex-Premier ministre Tertius Zongo. C’est ce que des témoins ont rapporté à l’AFP. La manifestation d’élèves et d’étudiants, au départ pacifique, a dégénéré. C’est de cette ville que la contestation était partie après la mort d’un élève le 20 février dernier. 

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