Présidentielle au Tchad : trois opposants ont renouvelé leur appel au boycott

Deux leaders de l'opposition tchadienne Kebzabo Saleh (L) et Kamougué Wadal Abdelkader lors du meeting d’appel au boycott, le 23 avril 2011 à Ndjamena.
© AFP / Gaël Cogne

Dernier jour de campagne ce samedi 23 avril 2011 au Tchad avant la présidentielle. Le scrutin aura lieu lundi et non dimanche, comme il est d'usage, à cause du dimanche de Pâques. Le président sortant, Idriss Déby fait figure de large favori à sa succession. Ce samedi des milliers de personnes ont participé à Ndjamena à un meeting des trois opposants qui boycottent l'élection et dénoncent une mascarade. Le rassemblement était interdit mais n'a pas été empêché par les autorités. Les trois autres candidats ont passé la journée à essayer de convaincre les électeurs.

Ce samedi matin, Kamougué Wadal Abdelkader, Kebzabo Saleh et Ngarledji Yorongar ont réuni plusieurs centaines de militants à qui ils ont demandé de ne pas sortir lundi. Cette présidentielle ce sera du Déby contre Déby, ont-ils expliqué.

Le chef de l’Etat sortant, lui, s’est livré à une véritable démonstration de force. Le plus grand stade de Ndjamena a été rempli dès les premières heures du matin de ses militants. Des parades de dromadaires et chevaux sont venus compléter le spectacle de cet après-midi. Objectif : convaincre qu’Idriss Déby reste le favori du scrutin.

Le candidat Pahimi Padacket, lui, a passé la journée entre Pala et Torok dans le sud-ouest du pays. Il est allé à la rencontre des jeunes et des femmes pour essayer de les convaincre une dernière fois de voter pour lui.

Nadji Madou est rentré, lui, dans la capitale et a passé la matinée à répondre aux sollicitations des journalistes. Dans l'après-midi, il a tenu un dernier meeting dans le VIIe arrondissement, non loin de sa direction de campagne.

Une campagne dans le calme

Selon la mission d’observation de l’Union africaine, la campagne électorale s’est déroulée dans le calme. Tous les candidats ont pu sillonner les régions pour exposer leur programme. Idriss Deby a battu campagne dans 11 des 22 régions contre 18 pour le candidat Pahimi Padacket. Nadji Madou, lui, a fait un peu moins que le chef de l’Etat sortant.

Première leçon : il y avait du Idriss Deby Itno partout. De très nombreux bureaux de soutien, censés venir en appui à la majorité, ont noyé les villes d’affiches et de pancartes à l’effigie du président sortant. Les deux autres candidats ne se sont vraiment affichés que dans des secteurs où ils espèrent récolter des voix.

Deuxième leçon : il n’y a pas eu d’affrontements sur le plan des idées. Chacun des candidats s’étant borné à présenter sa vision du Tchad qu’il propose aux électeurs. Commentaire d’un observateur : « une campagne électorale paisible, c’est bien. Mais quand elle manque d’émotion, cela enlève toute saveur à la compétition ».

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