Affrontements meurtriers entre l'armée sudiste et des rebelles au Sud-Soudan

Attaques, contre-attaques, embuscades, opérations de représailles... rebelles sudistes et soldats de l'armée du Sud-Soudan se sont affrontés toute la semaine dernière. Les tensions militaires croissantes et les conflits politiques menacent le Sud-Soudan qui doit devenir « officiellement » indépendant le 9 juillet prochain.
Depuis le début de l'année trois Etats situés à la lisière du Nord et du Sud-Soudan (l'Etat de l'Unité, du Haut-Nil et de Jonglei) sont le théâtre d'affrontements récurrents.
Mardi 19 avril 2011, c'est dans l'Etat pétrolier de l'Unité que des miliciens sudistes du groupe de Peter Gadet, un ex-général de l'armée du Sud-Soudan, ont attaqué un poste militaire tenu par une centaine de soldats. Vingt d'entre eux ont été tués. Les combats ont duré trois jours. Les rebelles ont annoncé en début de mois qu'ils voulaient renverser le régime sudiste du président Salva Kiir jugé corrompu.
Samedi 23 avril, c'est un autre groupe rebelle celui de Gabriel Tang dans l'Etat du Jonglei qui s'est affronté à l'arme lourde aux hommes de la SPLA (Armée populaire de libération du Soudan), l'armée sudiste. Le chef rebelle s'était pourtant engagé à réintégrer l'armée sudiste au grade de lieutenant-général mais ses hommes ont refusé de rejoindre Juba, la capitale du Sud-Soudan.
Depuis trois mois l'escalade des violences a fait près d'un millier de morts et a conduit à l’exode d'une centaine de milliers d'habitants. Le gouvernement sudiste accuse Khartoum de soutenir ces groupes rebelles. Aux Nations unies on estime qu'il faudra que le gouvernement du Sud-Soudan prenne des mesures concrètes pour apaiser les tensions ethniques, éviter la marginalisation politique et améliorer la gouvernance économique et sociale.
À propos des rebelles du Sud-Soudan |
Quatre groupes armés séparés combattent le gouvernement actuel du Sud-Soudan, dans les États de Jonglei, du Haut-Nil et de l'Unité. Ils sont le fait de « déçus » des élections du mois d'avril 2010, souvent transfuges de l'armée régulière qui ont adopté des revendications communautaristes face à la monopolisation du pouvoir par le groupe dinka. Les 4 groupes armés sont commandés par George Athor (ex-commandant de la SPLA, ex-candidat au poste de gouverneur de l'État de Jonglei), Peter Gadet (ex-commandant de la SPLA dans le Bahr el-Ghazal nord), Oliny (Haut-Nil) et Bapiny Monituel. Durant la guerre, Gadet, Oliny et Monituel ont combattu contre la SPLA avec l'aide de Khartoum et leur ralliement était de fraîche date. Abdul Bagi, ex-conseiller présidentiel, en désaccord avec le président Salva Kiir aurait rejoint la dissidence. George Athor a légitimé l'existence de ces 4 groupes en publiant le 18 avril dernier, une lettre ouverte intitulée Déclaration de Mayom, dans laquelle il réclame la dissolution du gouvernement actuel du Sud-Soudan et annonce la création du Mouvement démocratique du Sud-Soudan (MDSS), qui chapeauterait les 5 tendances. |

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