Algérie : mort suspecte d'un militant politique


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Consternation et inquiétude dans les cercles démocrates et les milieux universitaires après le mystérieux décès à Oran d’un universitaire et militant actif de la CNCD, Coordination nationale pour le changement et la démocratie, organisation contestataire née au début de cette année. Ahmed Kerroumi avait disparu depuis cinq jours et, selon la police, il faisait l’objet d’un avis de recherche. Son corps sans vie a été retrouvé hier, à Oran, au bureau du parti MDS dont il était militant.


Selon les membres du MDS, Mouvement démocrate et social, parti de gauche, le corps du défunt ne dégageait pas d'odeur de décomposition, Ce qui laisse supposer que son décès était récent. On relève également que Ahmed Kerroumi, 53 ans, professeur au CRASC, Centre de recherches en anthropologie culturelle, avait disparu quelques jours après la visite à Oran du rapporteur de l'ONU pour les droits de l'homme, Frank la Rue. Selon ses proches, il avait eu avec lui des entretiens sur la situation des droits de l'homme en Algérie.

La découverte de son corps sans vie a provoqué l’ouverture d’une enquête judiciaire. A ce stade, aucune piste n’est écartée. Ses proches, eux, semblent privilégier l’hypothèse d’un enlèvement puis d’un assassinat.

Hier après midi, le véhicule de ce militant politique et syndical n’avait pas été retrouvé. A Oran, Alger, Sétif et d’autres villes du pays, ce décès mystérieux a semé le trouble et l’inquiétude au sein des milieux universitaires et militants. La Ligue algérienne de défense des droits de l’homme et son parti le MDS exigent des autorités que la lumière soit faite sur les circonstances de la mort d’Ahmed Kerroumi. Il était un des militants les plus actifs de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie.

Ce que nous attendons (des autorités algériennes) c’est de lever les zones d’ombre et de ne plus maintenir cette opacité autour d’un crime qui frappe de plein fouet la communauté intellectuelle, universitaire, médiatique, journalistique et qui nous rappelle des moments atroces dans l’histoire récente de notre pays.
Fodil Boumala
10-10-2013 - Par Christine Muratet