La présidentielle sans enjeu ne mobilise pas les électeurs tchadiens

Le président Idriss Deby le 13 février 2011 à Ndjamena
© AFP PHOTO/Gael COGNE

Comme l’opposition boycotte le scrutin, il y a peu de suspense pour ce premier tour de l’élection présidentielle. Devant le risque d’une forte abstention, le président sortant et candidat à sa propre succession Idriss Déby Itno, a demandé aux Tchadiens d’aller voter. Compte-rendu d'un jour de vote pas comme les autres.

Cette journée de vote a commencé timidement. Les bureaux de vote ont ouvert avec un petit retard pour diverses raisons soit les membres n’étaient pas arrivés à temps ou soit il manquait du matériel. 

Et c’est à partir de dix heures qu’il y a eu de l’affluence, toutefois de moindre ampleur dans les quartiers favorables à l’opposition. Mais on ne peut pas dire que les Tchadiens ne sont pas sortis.
 

L'opposition affirme que le boycott a été bien suivi, la majorité parle de participation correcte
25-04-2011

En fin de matinée, les files d’attente ont disparu. On explique que c’est à cause de la chaleur. Les gens viennent voter mais par petits groupes de deux ou trois. Et, en milieu de journée, les gens se font plutôt rares devant les bureaux de vote aussi, parce qu’il fait plus de quarante degrés.

Et enfin, une image assez forte : le président sortant Idriss Déby Itno a fait une opération de communication en allant au bureau de vote du quartier de Djambal Ngato où il devait voter en compagnie d’un des fils du général Wadal Abdelkader Kamougué (de l’UDR Union démocratique pour le renouveau), un des trois leaders de l’opposition qui a appelé au boycott.

Mais, toute la journée, on pouvait noter que  l'affluence était variable en fonction de la sensibilité des quartiers au mot d'ordre de boycott. Pour cet homme venu voter, la raison du déplacement est sans ambiguïté : « Déjà, on voit ce qui se fait dans le pays et de ce fait, on a envie d’encourager le camarade Idriss Déby pour qu’il continue dans cette voie ».

Mais il y a aussi ceux qui ne se sentent pas concernés par ce scrutin : « Je ne sais pas pourquoi il faut aller voter, mais de toutes les façons voter ou ne pas voter, on sait que Déby est déjà élu».

A la clôture des bureaux, l’opposition s’est déclarée satisfaite. Les gens ont vaqué à leurs occupations comme si de rien n’était. Pour le pouvoir, il n’y a pas de doute. L’opposition a mordu la poussière. La bataille du taux de participation vient d’être lancée.

Il y a eu un fort déploiement des militaires dans toute la ville. Ils se promenaient avec des lance-roquettes.

Serge Abou Ouambi
26-04-2011

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