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Article publié le : mercredi 27 avril 2011 - Dernière modification le : mercredi 27 avril 2011

Côte d'Ivoire : Laurent Gbagbo et ses proches dans le collimateur de la justice

Patrick Achi, porte-parole du gouvernement ivoirien a annoncé à la TCI l'ouverture d'«enquêtes préliminaires» contre Laurent Gbagbo et ses proches.
Patrick Achi, porte-parole du gouvernement ivoirien a annoncé à la TCI l'ouverture d'«enquêtes préliminaires» contre Laurent Gbagbo et ses proches.
(Photo : Wikipedia/Zenman)

Par RFI

En Côte d'Ivoire, des « enquêtes préliminaires » ont été ouvertes contre le président déchu, Laurent Gbagbo, son épouse, et une soixantaine de personnes parmi ses proches. C’est ce qu’a annoncé Patrick Achi, le porte-parole du gouvernement, à la télévision ivoirienne TCI , le 26 avril, à l'issue du Conseil des ministres du gouvernement Ouattara. Les enquêtes qui sont en cours concernent « les crimes et délits » commis  par Laurent Gbagbo et son clan. Près de 1 000 personnes ont été tuées dans des violences lors de la crise postélectorale.

Avec notre envoyé spécial à Abidjan,

Notre dossier spécial : les défis de Ouattara

« Des procédures d'enquêtes préliminaires sont en cours pour les crimes et délits commis par Laurent Gbagbo et son clan », Patrick Achi, le porte-parole du gouvernement l’a déclaré mardi, à la sortie du conseil de l’équipe dirigée par le Premier ministre Guillaume Soro.

Sont donc concernés, Laurent Gbagbo, assigné à résidence dans le nord du pays, à Korhogo, et son épouse, Simone, également assignée à résidence, mais dans une autre ville, à Odienné dans le nord-ouest. Ces enquêtes concerneraient aussi au moins 200 personnes, selon une source proche du dossier. Cent-vingt personnes avaient été arrêtées le 11 avril à la résidence présidentielle d’Abidjan, emmenées par la suite à l’Hôtel du Golf, quartier général d’Alassane Ouattara et de son gouvernement. Une soixantaine d’entre elles avaient été libérées cinq jours plus tard.

Alors, pourquoi ces investigations ? Le gouvernement d’Alassane Ouattara accuse Laurent Gbagbo d’être le principal responsable des violences qui ont endeuillé la Côte d’Ivoire ces cinq derniers mois. Le 10 mars, Le panel de l’Union africaine avait confirmé la défaite de Gbagbo à la présidentielle du 28 novembre et lui avait demandé de se retirer. Le tribun avait choisi la voix militaire pour rester au Palais et à la résidence présidentiels, jusqu’à ce qu’il en soit chassé par la force.

Quant aux cadres du FPI, le parti de Laurent Gbagbo, logés dans un hôtel d’Abidjan, réquisitionné par le gouvernement Ouattara, un décret collectif leur signifiait qu’ils sont en résidence surveillée, mais la plupart d’entre eux ne se considèrent pas concernés par cette disposition.

Mardi après-midi, c'est-à-dire, avant l'annonce de l'ouverture des enquêtes préliminaires, Marie-Antoinette Singleton, la fille de Laurent et Simone Gbagbo, qui vit aux Etats-Unis, a déclaré à RFI, qu'elle n'a aucune nouvelle de sa famille, et dénonce par ailleurs le flou qui entoure la détention de ses parents et des membres de l'ancien régime.

Le cas IB

Le président Ouattara a menacé le 22 avril vendredi de «désarmer par la force» les groupes armés encore actifs à Yopougon et le «Commando invisible», dont se réclame Ibrahim Coulibaly dit IB. Ce dernier contrôle une partie de la commune d’Abobo et de la sous-préfecture d’Anyama. Une rencontre entre émissaires de Soro et d'IB a eu lieu hier.

Pour le représenter, Ibrahim Coulibaly a envoyé un de ses lieutenants, Félix Anoblé. Une question de posture pour IB. Dès le début de la rébellion en 2002, une forte rivalité l’oppose à l’actuel Premier ministre, Guillaume Soro. Depuis des jours, une bataille de la communication s’est engagée.

La semaine dernière, IB convoquait une conférence de presse, au cours de laquelle il rappellait qu’il s’était battu depuis le mois de janvier contre les forces pro-Gbagbo, en précisant qu’il se tenait désormais à la disposition du nouveau Président ivoirien, qu'il souhaite rencontrer. Quatre jours plus tard, Alassane Ouattara ordonne au ministre de la Défense, Guillaume Soro, de demander à Ibrahim Coulibaly de déposer les armes, et de l’y contraindre en cas de refus. La suite, c’est une série de communiqués et de rendez-vous manqués.

Par deux fois, le 24 et le 26 avril, IB aurait posé un «lapin» aux émissaires de Guillaume Soro. Pour la première rencontre, il a dit qu’il était souffrant, à la dernière minute. Pour le second rendez-vous, IB nie avoir été convié à une quelconque rencontre avec les services de Guillaume Soro. Il annoce par ailleurs que le chef de l’Etat allait le recevoir lundi prochain. Cette rencontre qui n’a jamais été envisagée, selon l’entourage d’Alassane Ouattara.

tags: Alassane Ouattara - Côte d'Ivoire - Laurent Gbagbo - Politique Côte d'Ivoire
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