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Libye

Malgré les combats, l’aide pour Misrata arrive par la mer


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Le port libyen de Misrata est la cible de bombardements meurtriers des force pro-Kadhafi. Pour les rebelles, il s’agit d’une ville « clé ». C’est d’ailleurs là qu’arrive par la mer, quand l’interruption des combats le permet, de l’aide organisée à partir de Malte, par des ONG. Ces bateaux en profitent parfois pour évacuer des blessés ou des femmes et des enfants.

 Alors que Misrata reste au cœur des combats entre les forces fidèles à Kadhafi et les insurgés, ces derniers parviennent à se faire ravitailler par le port de Misrata. L’aide converge sur l’île de Malte, juste en face des côtes libyennes. Puis des ONG financent le transport par bateau, vers le port libyen.

Misrata dépend de cette aide humanitaire extérieure, acheminée par le port, seul voie d'accès. Les rotations de bateaux se multiplient au départ de l'île de Malte. Plusieurs tonnes de médicaments, nourriture et eau sont acheminées chaque semaine. Parmi les organisations qui expédient de l'aide il y a la fondation, I-GO AID. A sa tête des hommes d'affaires maltais qui ont perdu leur business en Libye et des ressortissants libyens qui veulent aider leurs concitoyens.

Mario Debono  président de la branche maltaise de l'ONG I-GO AID qui a réussi à affréter deux bateaux par semaine en moyenne avec 600 tonnes d'aide, témoigne : « Quand le bateau est chargé, il prend la route de Misrata. Et quand le comité des insurgés nous dit que la sécurité est bonne, enfin, suffisante pour que nous entrions, nous débarquons vite dans le port. Il y a là beaucoup de monde qui nous attend. 

Le bateau est déchargé et repart aussi vite que possible ; parce qu'un bateau dans un port est une cible facile, il peut-être touché par des bombardements à n'importe quel moment. Il faut préciser que nous entrons dans le port la nuit, c'est plus sûr. Et généralement, le bateau reste dans le port entre 8 et 10 heures. C'est le temps qu'il nous faut pour décharger. Mais c'est aussi parce que souvent, il y a des journalistes avec nous et ils ont besoin d'un minimum de temps pour faire le travail et montrer l'horreur de Misrata.

On repart parfois avec des personnes blessées mais notre bateau n'est pas fait pour ça. On récupère quelques blessés, bien sûr ceux qui n'ont pas besoin de visa pour l'Union européenne, mais on ne peut pas en évacuer beaucoup. Le port a été bombardé ces derniers jours, mais ce n'est pas la première fois. Envoyer de l'aide par bateau reste toujours risqué, et c'est pour ça que l'équipage prend un maximum de précautions.

Nous sommes en contact direct avec le comité des rebelles de Misrata. Chaque jour ils nous envoient la liste de ce dont ils ont besoin pour ce qui est des médicaments, du matériel médical et de la nourriture, et on remplit des bateaux avec exactement ce qu'il leur faut.

On reçoit des donations du monde entier, de l'Union européenne surtout et du Moyen-Orient, des pays du Golfe. Et avec ce qu'on reçoit, on finance le carburant pour le bateau. De toute façon, les propriétaires ne nous font pas payer la location du bateau ni le salaire de l'équipage. Il faut dire que ce sont des gens qui ont perdu leur bien, un peu comme nous, les hommes d'affaires de la fondation, nous qui avons perdu nos sources de revenus en Libye. Nous essayons tous d'apporter notre aide comme on peut », ajoute optimiste, Mario Debono, président de la branche maltaise de l'ONG I-GO AID.

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