Republier
Burkina Faso

Le Premier ministre burkinabè à la recherche de l'état de grâce


©

Face aux nombreuses mutineries et revendications de différentes catégories sociales qui secouent son pays, le nouveau Premier ministre burkinabè, Luc-Adolphe Tiao, demande du temps. Il mène actuellement des négociations avec les syndicats, tout comme le président Blaise Compaoré.

Tout le monde en convient, la crise que traverse le Burkina cache un malaise social. Et c’est pourquoi, à peine nommé, le nouveau gouvernement annonce une série de mesures d’apaisement.

Dans certains cas, il s’agit d’engagements à prendre dans de brefs délais. On peut citer notamment la subvention des produits de grande consommation, la suppression de la vignette, la réduction de l’impôt sur les salaires ou encore le traitement diligent des dossiers judiciaires brûlants. Et le premier d’entre eux, c’est celui de Justin Zongo, ce jeune élève dont la mort dans des conditions suspectes avait déclenché, en février, des manifestations violentes.

« Accordez-nous un délai de grâce »

Mais face aux nombreuses revendications, le Premier ministre Luc-Adolphe Tiao demande qu’on lui accorde du temps : « Ce que j’ai demandé aux syndicalistes ce matin, je vous le demande aussi : accordez-nous un délai de grâce. Nous avons la bonne volonté. Nous avons la volonté politique de changer les choses. Nous avons la volonté politique de répondre aux attentes des citoyens. Mais cela étant dit, nous avons besoin d’un minimum de temps pour réfléchir, analyser froidement toutes les revendications, analyser froidement toutes les situations et apporter des réponses qui ne seraient pas des réponses démagogiques ».

Alors que le gouvernement devra poursuivre ce vendredi les négociations commencées la veille avec les policiers, le président Blaise Compaoré a, de son côté, rendez-vous ce vendredi avec les militaires.

Agitation et contestation au Burkina Faso

 
Février 2011 : A Koudougou, troisième ville du pays, la mort suspecte d’un jeune élève Justin Zongo le 20 février, provoque des affrontements entre la police et des milliers de jeunes. Cinq d’entre eux sont tués.
 
Mars 2011 : après une relative accalmie, les troubles reprennent le 7. Des commissariats de police sont incendiés dans plusieurs localités et des manifestations ont lieu notamment à Bobo-Dioulasso, à Koudougou, à Fada NGourma… Le 9, le local du parti au pouvoir, le CDP, est mis à sac à Ouahigouya. La résidence du gouverneur, tous les postes de police, le conseil régional, la mairie, la douane et le palais de justice sont également saccagés. Le 22, des militaires prennent les armes à Ouagadougou. La condamnation de cinq de leurs camarades à des peines de prison ferme  pour outrage à la pudeur et vol, aurait déclenché ce mouvement de colère. Une nuit de pillages affole la capitale où une jeune fille est tuée. Les commerçants dont les boutiques ont été pillées manifestent. Nouvelle mutinerie militaire dans la nuit du 28 au 29 mars. S'exprimant à la télévision, le 30 mars, le président Compaoré condamne l'action des militaires, mais il rencontre les représentants de l'armée le lendemain
 
Avril 2011 : Les magistrats protestent à leur tour jusqu’au 10 et une grève éclate dans l’enseignement le 13. Le lendemain, nouvelle mutinerie cette fois ce sont les soldats du régiment de la garde présidentielle qui se soulèvent. Le président Blaise Compaoré quitte le palais présidentiel. Le 15, le gouvernement est dissous. Malgré cela, les mutineries et les manifestations se poursuivent. Le président Compaoré nomme un nouveau Premier ministre, Beyon Luc-Adolphe Tiao le 18. Le 21 est annoncée la composition du nouveau gouvernement dans lequel le président Compaoré s'attribue le ministère de la DéfenseNouvelles manifestations à Koudougou le 27 et reprise des mutineries dans plusieurs villes du pays. Un appel à manifester est lancé pour le 30.

 

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.