Un 1er mai revendicatif en Egypte et en Tunisie

Un manifestant de la place Tahrir appelle à la «Justice sociale», le 1er mai 2011
© REUTERS/Mohamed Abd El Ghany

En Tunisie et en Egypte, ce 1er mai 2011 a revêtu une valeur symbolique puisqu’il s’agissait de la première fête du Travail libre, après la chute des régimes de Ben Ali et d’Hosni Moubarak. Mais si les révolutions dans ces deux pays ont permis la création de syndicats indépendants, d’énormes progrès restent encore à faire.

« Travailleurs, vous préparez le pain mais vous vivez avec les miettes ! », ont scandé les centaines de manifestants défilant sur l’avenue Habib Bourguiba, l’artère principale de Tunis. Sur les banderoles brandies par la foule, des slogans appelaient au départ du gouvernement de transition. Car malgré la chute du président Ben Ali le 14 janvier dernier, l’ambiance en Tunisie n’est toujours pas à l’apaisement et les syndicats font entendre leurs revendications.

« On a participé à la révolution. Mais aujourd’hui, on est intéressés par deux choses fondamentales : le processus de démocratie en Tunisie et les élections de l’assemblée constituante, et les négociations sociales », rapporte Abid Brigui, porte-parole de l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT). Pour mettre fin à la précarité de l’emploi et permettre l’augmentation du pouvoir d’achat, les syndicats réclament donc un changement de la législation du travail. « Nous avons vraiment besoin d’améliorer le pouvoir d’achat des travailleurs pour créer un dynamisme de consommation qui permettrait la promotion ou l’évolution de l’économie tunisienne », explique encore Abid Brigui.

Des manifestations très encadrées

En Egypte aussi les syndicalistes ont fait entendre leur voix. Entre 1 000 et 2 000 personnes étaient ainsi rassemblées sur l’emblématique place Tahrir au Caire pour réclamer un salaire minimum de 1 500 livres égyptiennes (environ 170 euros) et de meilleures conditions de travail.

Car depuis la chute de Hosni Moubarak le 11 février dernier, une quarantaine de syndicats indépendants se sont créés. Mais si le droit de grève et de manifestation est désormais autorisé, il est très étroitement encadré. « Le gouvernement a dit dès le début qu’il ne fallait pas avoir des grèves et des manifestations qui n’étaient pas autorisés, rapporte Heba Morayef, de l’ONG Human Rights Watch au Caire. Le Premier ministre et le ministre de la Justice ont même passé une nouvelle loi qui criminalise les grèves qui ne sont pas autorisées ».

Depuis la chute d’Hosni Moubarak, les manifestations politiques de la place Tahrir ont laissé la place à d’importantes mobilisations sur les salaires, preuve qu’en Egypte aussi l'apaisement social n'est encore pas gagné.

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