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Guinée

Mise sous tutelle de la société de téléphonie Areeba par l'État guinéen

Plus de 2,1 millions de Guinéens utilisent les services de l'opérateur Areeba.
© (CC) Erik Hersman/Flickr

L'État guinéen a placé sous tutelle la société de téléphonie mobile Areeba en attendant le règlement d'un contentieux, vieux de cinq ans, entre l'Autorité de régulation des postes et télécommunications (ARPT) et la société privée. L'Autorité reproche à Areeba de ne pas l'avoir averti de son rachat par la société sud-africaine MTN en mai 2006 et lui réclame 45 millions d'euros sur les plus-values générées à l'époque.

En attendant le règlement d'un contentieux sur la plus-value, vieux de cinq ans, la société privée de téléphonie mobile Areeba est mise sous tutelle, en a décidé le gouvernement guinéen. Un décret du président de la République, diffusé par les médias d'État, reproche à la société la violation d'une convention signée entre les deux parties en août 2005, en vendant sans l'aval de l'État guinéen une partie de sa licence à la société sud-africaine MTN, un an plus tard.

La réquisition concerne à la fois le personnel de la société, les installations, immeubles et actifs sur toute l'étendue du territoire guinéen. « Elle a pour but d'assurer la continuité du service et de sauvegarder les intérêts des consommateurs », selon le texte du décret.

Dans une déclaration à la télévision publique, le ministre des Postes et télécommunications a accusé en quelque sorte les autorités d'alors [Premier ministre : Cellou Dalein Diallo, NDLR] d'avoir bradé la licence à Areeba qui n'a déboursé que 30 millions d'euros au lieu de 80 millions pour pouvoir opérer en Guinée.

La société Areeba, au moment de la signature du contrat avec l'ARPT, appartenait à Investcom, groupe de télécommunications fondé par Taha Mikati, le frère de l'actuel Premier ministre libanais. En 2006, il cède Areeba au groupe sud-africain MTN, en conservant 10% des parts. Selon le dernier rapport de l'ARPT, Areeba serait le premier opérateur mobile du pays, avec 42% du marché.

La direction de la société Areeba, qui a laissé pourrir la situation, n'a pas encore réagi. Elle attend l'arrivée ce 6 mai à Conakry du nouveau PDG de MTN, Sifiso Dabengwa. Après les réquisitions de Getma International et d'Areeba, les observateurs s'interrogent : à qui le tour ?

Le 11 mars dernier, Getma International, concessionnaire du terminal conteneur du port de Conakry, de son extension et l'aménagement d'un espace de gare ferroviaire, a vu son contrat résilier, son personnel et ses installations réquisitionnés par décret présidentiel pour ne pas avoir tenu ses engagements, notamment en matière d'investissements. Le groupe français Bolloré, rival malheureux de Getma lors de l'attribution des contrats, en 2008, a signé le nouveau contrat.

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