RDC : le procès Chebeya touche à sa fin

Les cinq policiers prévenus lors de l'ouverture du procès des assassins présumés de Floribert Chebeya, à Kinshasa, le 12 novembre 2010.
© AFP/Gwenn Dubourthoumieu

En République démocratique du Congo, les plaidoiries de la défense dans le procès Chebeya, se sont achevées le 5 mai, devant la Cour militaire de Kinshasa. Les avocats des cinq policiers accusés d’avoir assassiné le militant des droits de l’homme Floribert Chebeya ont basé toute leur défense sur l’absence de preuves. Trois autres policiers accusés sont en fuite, sauf un qui est depuis le mois dernier entre les mains des autorités policières, mais que la justice ne fait pas comparaitre au procès, au grand dam des avocats des parties civiles.

Le 14 avril dernier, l’un des trois accusés en fuite, le capitaine Paul Mwilambwe a été vu à l’Inspection générale de la police. Depuis il est détenu au secret. Cet officier est accusé d’avoir fait partie du commando qui a éliminé Floribert Chebeya et son chauffeur Fidèle Bazana, le 1er juin dernier.

Depuis cette date, à chaque audience, les parties civiles réclament son audition. Invariablement la cour répond qu’elle n’est pas au courant de sa détention. Que fait-on de cet accusé ? Maître Kabelenga Ilunga a une idée précise sur la question :

« Il est gardé quelque part, où il était en train d’être préparé au moyen d’un interrogatoire pour s’assurer qu’il ne pouvait pas dire des choses contre certaines personnes que l’on ne veut pas voir impliquées dans le procès. S’étant rendus compte qu’il est très fragile sur le plan de la personnalité ; et qu’il peut par ses dépositions impliquer certaines personnalités, alors on l’a gardé loin de la Cour qui est en train de juger. Vous savez, nous sommes dans un système où certains services de sécurité ont le dessus sur les juridictions ».

Cette affaire sème le trouble dans ce procès, dont beaucoup espéraient encore qu’il ferait éclater la vérité.

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