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Égypte

Dix morts au Caire dans des affrontements entre musulmans et chrétiens

Les pompiers tentent d'éteindre un incendie provoqué par les affrontements entre musulmans et chrétiens au Caire le 7 mai 2011.
© AFP

Après les violents affrontements au Caire entre musulmans et chrétiens qui ont fait dix morts et plus de 180 blessés samedi soir, la tension reste encore bien vive ce dimanche 8 mai 2011 dans le quartier populaire d’Imbaba. Cela fait un an que les rumeurs sur l’enlèvement de chrétiennes qui se seraient converties à l’islam se multiplient. Des rumeurs qui ont provoqué d’innombrables manifestations de la part de salafistes réclamant la libération de leurs sœurs dans l’islam.

Avec notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti

Les choses ont commencé à Alexandrie après la rumeur de la conversion à l’islam de Camélia Chéhata, la femme d’un prêtre copte orthodoxe. Camélia aurait été enlevée et enfermée dans un monastère pour lui faire abjurer sa nouvelle foi musulmane. Des rumeurs démenties par l’Eglise qui a toutefois refusé de montrer Camélia.

Au fil des manifestations et de la montée en puissance des salafistes après la révolution, le parquet est lui aussi intervenu. Il a envoyé il y a une dizaine de jours une injonction à comparaître adressée à Camélia Chéhata et remise à la cathédrale copte.

« République islamique »

Une cathédrale vers laquelle les manifestants salafistes se sont dirigés vendredi après avoir prié pour le repos de l’âme d’Oussama ben Laden. Dans l’objectif affirmé de réduire la tension, la chaîne satellitaire chrétienne al-Hayat a diffusé samedi une interview avec la fameuse Camélia qui a indiqué qu’elle ne s’était jamais convertie à l’islam et qu’elle vivrait et mourrait chrétienne.

Mais l’interview semble avoir eu l’effet contraire de celui recherché. Elle a été perçue comme un défi par les salafistes. Des salafistes qui ont décidé de recourir à la violence en attaquant une église dans un de leurs fiefs, le quartier populaire d’Imbaba. Un quartier que l’on surnomme la « République islamique » d’Imbaba.


L'armée égyptienne a annoncé ce dimanche 8 mai 2011 que les personnes arrêtées après les affrontements, au nombre de 190, seraient déférées devant des tribunaux militaires.

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