Maroc : manifestation à Marrakech pour la démocratie et contre le terrorisme


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Plusieurs milliers de personnes, principalement du Mouvement de contestation du 20 février, ont manifesté ce dimanche 8 mai à Marrakech pour dénoncer le terrorisme et réclamer des réformes démocratiques. Et aussi pour expliquer que ces réformes constituent « le meilleur moyen de lutter contre la violence ».  

Ils chantent « Marocains, Marocaines, tous ensemble contre le terrorisme ».

Pour Fouzia Assouli, présidente de l'Association de défense des droits de la femme, c'est le message du jour, en slogan ou en chanson. Elle  avance avec une affiche à la main sur laquelle on peut lire : « Le terrorisme n’a pas de religion ».

« C’est un message qu’on voudrait faire passer à la majorité des Marocains qui sont pacifiques et qui sont pour le dialogue des cultures, pour la paix et pour les valeurs humaines que nous partageons tous et toutes », explique Fouzia Assouli.

Il s'agit de redire son refus de tout extrémisme et de le faire haut et fort dans la rue, car beaucoup craignent que cet attentat ne provoque un serrement de vis sécuritaire, un scenario identique à celui d’après les attentats de Casablanca.

« Tout le monde a peur de revivre le lendemain du 16 mai 2003, peur qu’il y ait encore de nouvelles vagues d’arrestations et qu’on en profite pour régler de petits comptes », confie Ali Idrissi, venu exprès de Fez.

Les autorités n’ont pas donné de signal en ce sens mais pour tous il faut maintenir la pression, s’assurer que les reformes démocratiques ne soient pas que des promesses.

... beaucoup de manifestants craignent que des forces conservatrices qui ont tout à perdre des réformes, ne soient derrière l'attentat de Marrakech...
Les manifestants s'interrogent beaucoup sur l'enquête sur l'attentat de Marrakech
10-10-2013 - Par Léa-Lisa Westerhoff

« Jusqu’à maintenant rien n'a été réalisé, il n’y a que des paroles et des discours, c’est tout », affirme Najib Chaouki, membre du Mouvement du 20 février. Et d'ajouter : « Dans la réalité, on voit que les choses sont les mêmes. Il faut aussi une nouvelle Constitution, la libération de tous les détenus politiques et les corrompus doivent être présentés devant la justice ».

Poursuivre en justice les personnalités corrompues serait déjà un premier signal d’un changement attendu par les manifestants.