Le TPIR condamne l'ex-chef militaire rwandais Augustin Bizimungu à 30 ans de prison

Le général Augustin Bizimungu en 2003.
© Photo : domaine public

Le Tribunal pénal international pour le Rwanda a condamné, mardi 17 mai 2011, à 30 ans de prison Augustin Bizimungu, l'ancien chef d'état-major de l'armée rwandaise, pour son implication directe et sa responsabilité hiérarchique dans le génocide de 1994.

L’affaire « Militaire II » était l'un des grands procès du Tribunal pénal international pour le Rwanda  (TPIR). Quatre officiers étaient poursuivis pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide. Parmi eux, l'ancien chef de l'armée Augustin Bizimungu. Il a été condamné, mardi 17 mai 2011, à 30 ans de prison.

Augustin Bizimungu avait été nommé chef d'état-major de l'armée le 16 avril 1994, neuf jours après le déclenchement du génocide. L'accusation a fait valoir que les massacres avaient redoublé d'intensité dans certaines préfectures après sa promotion.

A ses côtés, le général Augustin Ndindiliyimana, ancien chef d'état-major de la gendarmerie. Le procureur lui a reproché d'avoir laissé ses troupes participer au génocide. Il a été également jugé coupable mais avec des circonstances atténuantes. Les juges ont souligné qu'il n'avait qu'une autorité limitée sur la gendarmerie et qu'il était opposé aux massacres. Il a été condamné à la peine qu'il a déjà purgée depuis son arrestation en 2000 en Belgique, soit onze ans de détention. Il a donc été remis en liberté.

Enfin, deux autres militaires, membres du bataillon de reconnaissance en 1994, ont été condamnés à 20 ans de prison : le major Nzuwonemeye, qui commandait cette unité d'élites, et le capitaine Sagahutu qui était à la tête d'un escadron. Les juges ont conclu qu'ils avaient « ordonné » à leurs hommes d'aller tuer le Premier ministre, Agathe Uwilingiyimana, et les dix casques bleus belges chargés de sa sécurité. Des faits remontant au 7 avril 1994, aux premières heures du génocide. Les avocats des deux militaires ont annoncé leur intention de faire appel.

De son côté, le procureur Hassan Bubacar Jallow s'est dit « satisfait » que le tribunal ait retenu la responsabilité hiérarchique des accusés tout en déplorant que les peines ne reflètent pas, selon lui, la gravité des crimes. Il a annoncé qu'il attendait de lire l'intégralité du jugement pour décider de faire appel ou non.

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