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Burundi

Le journaliste burundais Jean-Claude Kavumbagu condamné à 8 mois de prison pour trahison

Jean-Claude Kavumbagu, directeur de Netpress, un journal en ligne a été arrêté pour lèse-majesté le 17 juillet à Bujumbura.
© Netpress

Le journaliste Jean-Claude Kavumbagu, accusé de « trahison » et en détention préventive depuis 10 mois, a été condamné lundi 16 mai 2011 à huit mois de prison pour délit de presse est sorti de prison. Jean-Claude Kavumbagu, directeur du journal en ligne Netpress, avait été arrêté le 17 juillet 2010, quelques jours après le double attentat du 11 juillet à Kampala en Ouganda, revendiqué par les insurgés somaliens shebab et qui avait fait 76 morts. Dans l'article incriminé, Netpress écrivait le lendemain du double attentat que « si les miliciens shebab voulaient tenter quelque chose dans notre pays, ils y réussiraient avec une facilité déconcertante tellement nos forces de défense et de sécurité brillent par leur capacité à piller et à tuer leurs compatriotes, plutôt que de défendre leur pays ».

Tout le monde a poussé un ouf de soulagement dans un premier temps car on craignait le pire. Mais très vite, l’amertume est remontée à la surface. Le coordinateur du Forsc (Forum pour le renforcement de la société civile), une plate-forme qui regroupe près de 200 associations de la société civile burundaise, rappelle que Jean-Claude Kavumbagu a été arrêté pour trahison.

Un crime passible de perpétuité mais qu’il ne pouvait pas commettre d’après la loi de ce pays. « Accuser Kavumbagu d’un cime qui ne peut se commettre qu’en période de guerre, déclare Pacifique Nininahazwe, c’est qu’un citoyen a été détenu pendant dix mois pour un cime impossible. C’est ce qu’il faut regretter ».

Tous se disent convaincus que le tribunal de grande instance de Bujumbura a condamné ce journaliste à huit mois de prison pour justifier le fait que la justice l’a gardé en détention préventive pendant près de 10 mois pour rien.

« Cette condamnation n’a aucun fondement pour Alexandre Niyungeko, président de l'Union burundaise des journalistes (UBJ). Puisque le ministère public n’est jamais parvenu à expliquer que Jean-Claude Kavumbagu soit coupable de ce qu’ils ont appelé la publication d’écrits susceptibles de porter atteinte à l’économie nationale et à la sureté de l’Etat. Nous pensions qu’il allait purement et simplement être acquitté ».

Mais Jean-Claude Kavumbagu, qui en est déjà à son cinquième séjour en prison, assure que toutes ces manœuvres ne vont pas le décourager : « c’est une forme d’intimidation. Et il y aura même une sixième fois mais il ne faut pas se décourager. Il faut faire son travail, absolument ».

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