Madagascar : une « feuille de route » pour une sortie de crise

L'actuel homme fort de Madagascar, Andry Rajoelina.
© AFP/Stéphane De Sakutin

Andry Rajoelina, l’actuel homme fort de Madagascar, a multiplié ses déplacements à l’étranger pour tenter de convaincre les leaders de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), qui doivent se réunir demain, vendredi 20 mai à Windhoek, en Namibie, pour discuter et éventuellement approuver la « feuille de route » devant sortir Madagascar de la crise.

Andry Rajoelina veut croire à un feu vert de l’organisation panafricaine qui permettrait l’organisation d'élections, d’ici au mois de novembre de cette année, selon ses propres prévisions. Dans le cadre de sa tournée auprès des dirigeants de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), il a rencontré, depuis le mois d’avril, les présidents namibien Hifikenpuye Pohamba, mozambicain Armando Guebuza, sud-africain Jacob Zuma et l’Angolais José Eduardo Dos Santos.

En Afrique du Sud, Andry Rajoelina a affirmé, mardi 10 mai, à l’issue de sa rencontre avec le président sud-africain Jacob Zuma, que l’organisation d’élections était sa principale préoccupation. Il n’a cependant pas fait savoir s’il souhaite ou non être candidat à la présidence du pays.  « Une commission électorale indépendante est déjà en place et un tribunal électoral est en cours de constitution. […] Une fois que tout cela aura été accompli, je déciderai ou non d’être candidat à cette élection », a-t-il déclaré.

Les services du président sud-africain n’ont fait aucun commentaire à l’issue de cette rencontre. Même constat après son audience, ce mercredi 18 mai, en Angola, avec le président José Eduardo Dos Santos.

Rappelons que cette île de l’océan Indien est plongée dans une grave crise politique depuis le renversement en mars 2009 de l’ex-président Marc Ravalomanana par Andry Rajoelina, alors maire d’Antananarivo, avec le soutien de l’armée.

La France attend aussi la décision de la SADC

L'actuel homme fort de Madagascar s’est également rendu en Turquie et, plus récemment, en France.  Pour la première fois, Andry Rajoelina - président auto-proclamé et dont le régime n’est pas reconnu par la communauté internationale depuis son accession au pouvoir en mars 2009 - a été reçu « pour une visite de travail » par le Premier ministre français François Fillon, jeudi 12 mai.

La France approuve la feuille de route – document rejeté par l’opposition malgache - qui reconnaît notamment Andry Rajoelina comme président de la transition jusqu’aux prochaines élections. La France qui espère, elle aussi, par la voix du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero « une décision des instances dirigeantes de la SADC ».

L’Union européenne, qui a suspendu l’an passé son aide au développement à Madagascar, a appelé, mardi 10 mai, à la mise en place d’un gouvernement de transition neutre chargé de préparer des élections libres dans le pays.

La SADC et le scénario de transition

A Windhoek, les dirigeants de la SADC devraient se prononcer sur cette dernière tentative en date de sortie de crise – une « feuille de route » proposée par le médiateur mozambicain Leonardo Simão – selon laquelle Andry Rajoelina deviendrait président de la transition jusqu’aux prochaines élections, sans qu’aucune date ne soit cependant fixée. Ce document a été paraphé par huit groupements politiques et rejeté par l’oppositon.

Marc Ravalomanana - exilé en Afrique du Sud depuis son renversement en mars 2009 - appelle la SADC à rejeter un tel scénario de transition car elle créerait « un précédent dangereux » pour la démocratie. « La SADC ne peut pas endosser ce document », a-t-il ajouté.

Rappelons que ce dernier plan de sortie de crise avait surpris par sa clémence envers Andry Rojoelina, alors que sa prise de pouvoir avait été sévèrement condamnée par la SADC qui avait alors suspendu Madagascar du bloc régional.

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