Soudan : la ville d'Abyei aux mains de l’armée


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Après de violents combats, l'armée soudanaise a pris le 21 mai, le contrôle de la ville d'Abyei, située à la frontière entre le Nord et le Sud-Soudan. Les troupes sudistes y ont été repoussées. C'est un des noeuds de la crise entre le Nord et le Sud, cette enclave particulièrement riche en pétrole est revendiquée par les deux parties. L'enjeu est de savoir qui va l'administrer. Un référendum devait être organisé dans cette cité et sa région, le 9 janvier dernier. Référendum repoussé à plusieurs reprises. les Etats-unis condamnent l'offensive soudanaise à Abyei alors que Khartoum affirme vouloir «négocier».  

Pour l’instant, nous sommes en train de recenser le nombre de morts et de blessés…
Den Arop Kuol
10-10-2013 - Par Olivier Rogez
Den Arop Kuol est le chef de l'administration de la région d'Abyei. Il a fuit la ville hier lorsque les forces du Nord Soudan y sont entrée. Il répond à Olivier Rogez.

Après trois jours de combats où l'armée du Nord n'a pas hésité à engager d'importants moyens terrestres et aériens, la ville d'Abyei est depuis samedi soir contrôlée par les soldats du régime de Khartoum. 

Selon une source onusienne citée par l'AFP, les éléments de la SPLA (Armée de libération populaire du Soudan, armée sudiste), ont fait retraite vers le Sud, et ne sont plus dans la ville, où patrouillent une dizaine de chars T-55 des SAF (Forces armées du Soudan). Un porte- parole des forces sudistes a confirmé la défaite de ses hommes, incapables de résister à la puissance de feu des adversaires.

Cette conquête militaire d'Abyei est à la fois un développement majeur et prévisible dans la crise qui oppose Khartoum à Juba. Le référendum prévu dans cette province en janvier dernier, comme pour le reste du Sud-Soudan n'a jamais pu se tenir. Les négociations entamées entre les deux parties sont totalement bloquées.

Vendredi, après avoir accusé la SPLA d'avoir tué 22 soldats dans une embuscade, le numéro 2 des services de renseignements de l'armée soudanaise avait décrété qu'Abyei était désormais une zone de guerre.

Malgré les appels au calme, la trêve signée en janvier dernier a désormais volé en éclat et la probabilité d'un retour de la guerre entre le Nord et le Sud n'a jamais paru aussi grande. Le régime de Khartoum dit cependant vouloir « négocier », a indiqué ce dimanche 22 mai Amin Hassan Omer, le ministre d'Etat à la Présidence.