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Agathe Habyarimana persona non grata en France

media Agathe Habyarimana et son mari, alors président du Rwanda, au palais de l'Elysée en 1977. AFP

La veuve de l'ancien président rwandais s'est vu notifier début mai, par les autorités françaises, un refus de séjour en France. Agathe Habyarimana réside depuis plus de dix ans sur le territoire français. Elle ne sera toutefois pas expulsée vers le Rwanda, qui réclame son extradition. L'assassinat de son mari, Juvénal Habyarimana, a été l'élément déclencheur du génocide en avril 1994.

Le refus de séjour d’Agathe Habyarimana, rendu public ce mardi 24 mai 2011, lui a été notifié le 4 mai dernier par la préfecture de l'Essonne (près de Paris) et le ministère de l'Intérieur. La commission du titre de séjour avait auparavant émis un avis défavorable.

La veuve de l'ancien président rwandais, qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt international émis en octobre 2009 par les autorités rwandaises pour génocide et crimes contre l'humanité et dont Kigali demande l'extradition, « pourrait être reconduite à la frontière des pays dans lesquels elle établit être admise légalement, sauf le Rwanda », a précisé la préfecture.

Son avocat Me Philippe Meilhac a annoncé qu'il allait déposer, mardi ou mercredi, un recours devant le tribunal administratif de Versailles (près de Paris). Cette décision relève, selon lui, d'une « volonté politique de la France, compte tenu du rapprochement récent avec le Rwanda, de ne pas froisser ce nouvel allié ».

« Instigatrice ou complice »

La veuve de l'ancien président avait obtenu du tribunal administratif de Versailles, en décembre 2010, un nouvel examen de sa demande de titre de séjour. Ce titre lui avait été refusé en juillet par la préfecture de l'Essonne qui avait estimé qu'elle constituait une « menace à l'ordre public ».

Placée sous contrôle judiciaire, elle doit comparaître le 29 juin devant la cour d'appel de Paris qui statuera sur la demande d'extradition du Rwanda. En octobre 2009, le Conseil d'Etat (la plus haute juridiction administrative française) avait refusé une demande d'asile de Madame Habyarimana présentée cinq ans plus tôt, arguant qu'il y avait des « raisons sérieuses de penser » qu'elle était impliquée « en tant qu'instigatrice ou complice » dans le génocide rwandais.

Agathe Habyarimana fait par ailleurs l'objet depuis 2008 d'une enquête à Paris à la suite d'une plainte d'une association française, pour complicité de génocide. L'attentat contre le président hutu Juvénal Habyarimana, le 6 avril 1994, est considéré comme l'élément déclencheur du génocide qui a fait plus de 800 000 morts, essentiellement parmi la minorité tutsi, selon l'ONU.

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