Côte d'Ivoire : Mamadou Koulibaly se penche sur l'avenir du FPI


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Mamadou Koulibaly est l'un des rares dignitaires du FPI de Laurent Gbagbo, à être encore libre de ses mouvements en Côte d'Ivoire, (beaucoup d'autres sont arrêtés ou réfugiés à l'étranger) et s'exprime très rarement. Revenant sur l'avenir du FPI, le président de l'Assemblée nationale ivoirienne estime que le parti est décapité, et que l'équipe dirigeante devrait se réunir bientôt. Et à la participation à un gouvernement d'union, Mamadou Koulibaly préfèrerait un vrai rôle dans l'opposition. Mais originaire du Nord, il devra composer avec les membres de son parti qui sont originaires de l'Ouest.

Dans un petit bureau de l’Assemblée nationale en présence du secrétaire général du parti, le président par intérim du FPI, Mamadou Koulibaly fait le bilan des dégâts. Le FPI est décapité, le FPI est très affaibli, précise le président de l’Assemblée nationale qui considère que les élections législatives de la fin de l’année sont d’ores et déjà perdues pour son mouvement.

Ces élections vont être catastrophiques pour nous, pronostique Mamadou Koulibaly qui ne croit pas que les dignitaires de l’ancien régime réfugiés au Ghana voisin, constituent une menace pour Alassane Ouattara.

A court terme, l’équipe dirigeante souhaite pouvoir réunir le plus tôt possible un comité central du FPI. Cette instance devra décider si le parti entre ou pas dans le gouvernement d’union que Guillaume Soro s’apprête à constituer. Mais attention, prévient Mamadou Koulibaly, je suis contre les gouvernements d’union.

Les vainqueurs doivent assumer leur programme, affirme-t-il. Il préfère donc occuper la place laissée vacante de leader de l’opposition, reconstituer une opposition républicaine selon ses propres termes. Mais Mamadou Koulibaly, l’homme du Nord sera-t-il adoubé par l’ouest du pays, le fief du FPI, c’est un défi dans la Côte d’Ivoire d’aujourd’hui.

Mamadou Koulibaly, le président de l’Assemblée Nationale
10-10-2013 - Par Christophe Boisbouvier

Qui est Mamadou Koulibaly?

Le jeune agrégé d’économie a été repéré dans les années 1995 par Laurent Gbagbo qui cherche alors à s’entourer de cadres originaires du nord du pays. Mamadou Koulibaly, chroniqueur économique dans un hébdomadaire de gauche, se retrouve secrétaire national à l’économie du FPI, Front populaire ivoirien.

A partir du coup d’Etat du général Guéï en 2 000 et jusqu ‘à l’élection de Laurent Gbagbo à la présidence, il occupe plusieurs postes ministériels, ministre du Budget, puis ministre de l’Economie et des Finances dans le premier gouvernement de Pascal Affin N'Guessan. Sa carrière ministérielle va rapidement s’interrompre.

Laurent Gbagbo lui demande de se présenter aux législatives, Mamadou Koulibaly est élu. Gbagbo lui offre la présidence de l’Assemblée nationale. C’était un placard doré, affirme un observateur qui le connaît bien. Il doit en effet cohabiter avec la toute puissante présidente du groupe parlementaire FPI à l’Assemblée, Simone Gbagbo.

L’hostilité de Mamadou Koulibaly aux accords de Marcoussis en 2003 le rapproche de Simone Gbagbo, et c’est à ce moment là, qu’il est assimilé aux durs du régime Gbagbo.

Cette intransigeance cachait en fait une souplesse tactique dont il a su faire preuve ces derniers mois en se démarquant totalement du régime Gbagbo.