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Afrique

Ethiopie Inde Afrique du Sud Sénégal

Second sommet Inde-Afrique pour stimuler les échanges et les investissements

media

Après la Chine, c'est l'autre géant asiatique qui courtise le continent : le second sommet Afrique-Inde commence ce 24 mai à Addis-Abeba en Ethiopie. Il durera deux jours. Le Premier ministre indien, Manmohan Singh, doit rencontrer aujourd'hui, une quinzaine de chefs d'Etat africains.

A la fin du sommet, deux textes devraient être adoptés: la Déclaration d'Addis-Abeba et le Plan de coopération entre l'Inde et l'Afrique. En 2010 déjà, un premier plan avait instauré des programmes de formation professionnelle, les bourses d’études, des financements de formation agricole ou encore des échanges universitaires.

L’Inde prévoit une croissance de 9% cette année. Pour l’alimenter, elle a besoin de pétrole et de matières premières. C’est en Afrique qu’elle vient faire son marché. En échange de quoi, elle accorde des prêts conséquents aux pays africains et soutient le développement de certains secteurs comme l'informatique ou la santé.

L’Inde et l’Afrique sont liées depuis longtemps par leur passé colonial. Elles aspirent maintenant à une reconnaissance internationale. Selon le ministre indien des Affaires étrangères, elles doivent parler pour le monde en développement.

L’Afrique du Sud et l’Inde sont d’ailleurs candidates à un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU au nom de la représentation des puissances économiques émergentes.


Le privé, secteur privilégié des investissements indiens

Là où la Chine s'intéresse avant tout aux matières premières africaines et multiplie les accords d'Etat à Etat à coup d'investissements géants, l'Inde avance, elle, grâce à son secteur privé. En 2010, les échanges commerciaux Inde-Afrique étaient de 30 milliards de dollars. Mais il n'y a pas que le commerce.

L'Inde investit aussi sur le continent africain. De 2008 à 2010, ces investissements ont atteint les 28 milliards de dollars. Le plus gros morceau, c'est bien sûr les 10 milliards de dollars déboursés par le géant indien des télécommunications Bharti Airtel pour s'installer dans la téléphonie mobile dans 15 pays africains.

Mais bien d'autres secteurs de l'industrie indienne sont présents sur le sol africain. Le secteur de la pharmacie, avec la vente de produits génériques dont l'Inde est un des leaders, le secteur de l'ingéniérie avec Tata ou encore le secteur de l'agriculture, de la gestion de l'eau.

S'il fallait citer un pays africain privilégié par les investisseurs indiens, ce serait le Ghana. En 2008, les investissements indiens y frôlaient la barre du milliard de dollars avec des usines de tracteurs, des aciéries, des cimenteries ou encore une forte présence dans le tourisme et l'agriculture. 

L'Inde au Sénégal

Le Sénégal fait partie des pays avec qui des liens importants se sont développés avec l'Inde. Des liens économiques, mais aussi culturels. Allez parler de l’Inde à un Sénégalais de la rue, il aura vraisemblablement quelque chose à vous dire. La population sénégalaise est bercée de films indiens depuis les années 1950, et elle nourrit depuis, pour le sous-continent une passion qui ne s’est pas démentie.

Quand la star de Bollywoood Pallavi Kulkarni, alias Vaidehi, est venue en visite au Sénégal en janvier 2010, l’accueil triomphal qu’elle a reçu à dû faire pâlir d’envie plus d’un homme politique sénégalais.

S’agissant de l’Inde, les plus informés parleront des bus de marque Tata, qui ont été montés à Thiès grâce à un partenariat indien et qu’on croise nombreux dans les rues de Dakar.
Pour les hommes d’affaires, les liens qui unissent le Sénégal et l’Inde portent encore un autre nom, celui d’«acide phosphorique». L’Inde, qui l’utilise pour fabriquer des engrais, achète à l’heure actuelle la quasi-totalité de la production sénégalaise.

Selon les chiffres de l’ANSD, l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, les exportations d’acide phosphorique du Sénégal vers l’Inde se sont élevées à quelque 98 milliards 500 millions de francs CFA en 2010, l’équivalent de 150 millions d’euros.

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