Crise en Côte d’Ivoire : l’ONU réagit aux accusations d’Amnesty International


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Dans son rapport publié le mercredi 25 mai 2011 Amnesty International remet en cause la protection de la population par l'Onuci, lors de la crise postélectorale en Côte d’Ivoire. L’ONG de défense des droits de l’homme fait état du meurtre d'une centaine d'hommes à Duékoué. Ce jeudi matin, l'ONU réagit à ses accusations et donne ses propres chiffres.

Le porte-parole de l’Onuci, Hamadoun Touré, a déclaré qu'il n'y avait pas de commentaires à faire sur ce rapport d’Amnesty International. De son côté, le chef de la division des droits de l’homme de l’Onuci, Guillaume N’gefa, a souligné l’hostilité et les restrictions des mouvements auxquels ont dû faire face les forces de l’Onuci, notamment le bataillon marocain basé à Duékoué.

La conférence de presse de Guillaume N’gefa, responsable de la division «droits de l'homme» de l'ONUCI
10-10-2013 - Par Charlotte Idrac

Guillaume N’gefa a expliqué que l’organisation avait été, elle-même, prise dans le feu des tirs croisés. Elle a dû faire face aux attentes de la population. Des attentes qu’il qualifie de trop grandes, compte tenu des capacités de l’Onuci et du contexte. Il a ajouté que malgré tout, l’Onuci avait protégé les populations à l’Ouest. Elle avait notamment sécurisé la mission catholique de Duékoué, où se seraient réfugiées des milliers de personnes. Plus de 6 000 personnes qui s’étaient cachées dans la brousse ont été transférées dans des endroits sécurisés.

Quel bilan des violences ?

Concernant le bilan des violences postélectorales, d’après son enquête sur le terrain, l’Onuci fait état de 1 012 morts dans l’Ouest (dans les régions du Moyen-Cavally et des Dix-Huit Montagnes) dont au moins 505 à Duékoué. Le rapport détaille ensuite l’origine précise des victimes. Il fait état de 341 Guérés tués, les Guérés détenus et considérés comme favorables à Laurent Gbagbo. On dénombre aussi 159 Burkinabè, 100 Malinkés, 68 Maliens. Et la liste est malheureusement encore longue.

Plusieurs acteurs impliqués dans les violences

Une chose importante est soulignée dans ce rapport également. C’est la multiplicité des acteurs impliqués dans les violences : les FDS (Les Forces de Défense et de Sécurité de l’ancien régime), les Forces nouvelles (qui sont devenues les FRCI), les milices très concentrées, très armées dans la région, les mercenaires libériens, les Dozos (les chasseurs traditionnels du Nord), les groupes d’autodéfense, les civils... Ce qui rend plus difficile l’établissement précis des responsabilités. Enfin, l’Onuci recommande maintenant à l’Etat, d'établir clairement ces responsabilités respectives, pour lutter contre l’impunité.