Un sommet pour les forêts tropicales à Brazzaville

Le bassin du Congo abrite la deuxième plus grande forêt tropicale humide du monde.
© Kim Gjerstad/Unesco

Cette rencontre, prévue à Brazaville, est le tout premier sommet des chefs d’Etats, de gouvernements ou leurs représentants des 30 pays composants les trois bassins forestiers tropicaux d'Amazonie, du Congo et de Bornéo-Mékong. Une recontre qui s'ouvrira le lundi 30 mai 2011, pour se clôturer le 3 juin. Des centaines de participants sont attendus.

Nous avons constaté que même les populations locales n'ont pas été consultées, ni impliquées dans ce sommet.

Roch Euloge Nzobo
29-05-2011

Les bassins concernés par ce sommet sont : celui de l’Amazonie en Amérique latine, celui du Congo en Afrique Centrale et celui du Bornéo-Mékong en Asie du Sud-Est. Au total, environ 500 participants doivent assister à cette rencontre qui s’ouvre ce lundi par les travaux des experts et qui se poursuivront mardi.

Ensuite, les ministres prendront le relais pour préparer un projet d’accord sur la gestion concertée et durable des écosystèmes forestiers de ces trois bassins. Cet accord devra être signé par les chefs d’Etats au terme du sommet, le 3 juin.

De l’avis des organisateurs, « l’objectif global est de permettre l’établissement d’une coopération ou d’un partenariat Sud / Sud d’une part et Nord / Sud d'autre part ». Tout cela dans le but de favoriser « une plus grande contribution à la régulation et à la stabilisation du climat planétaire, la lutte contre la pauvreté et le développement économique des pays concernés ».

Du sommet de Brazzaville sortira également une déclaration commune sur les forêts tropicales, le climat et le développement durable. Les trois bassins représentent, à eux seules, 80% des forêts tropicales du monde et les 2/3 de la biodiversité terrestre. Ils assurent la subsistance d’au moins un milliard de personnes.

La situation de la forêt en RDC

En RDC, la situation est assez contrastée : d’un coté le pays sait tirer profit de son rôle de poumon de la planète, mais de l’autre il y a encore du pillage et une cohabitation difficile entre les exploitants du bois et les populations de la forêt. Ces derniers jours encore des incidents ont opposé villageois et sociétés forestières dans l’Equateur et le Bandundu.

Le ministre congolais de l’Environnement, José Endundo, a su très tôt comment tirer profit du rôle de deuxième poumon de la planète joué par l’immense bassin forestier du Congo, deuxième poumon après l’Amazonie. La RDC est au premier rang des pays qui pourront profiter du fond vert décidé au sommet de la terre de Cancun, qui se concrétisera au prochain sommet de Durban à la fin de l’année. De l’argent pour aider à lutter contre la déforestation.

« La question forestière est une question pour nous vitale, elle implique la donne climatique, le changement climatique. Et nous pensons que nous faisons partie de la solution, pas des problèmes, de la solution » explique José Endundo.

Mais la première ONG écologiste du monde, Greenpeace, met un bémol à ce discours. Selon Greenpeace, la réalité est moins reluisante ; la forêt congolaise continue d’être menacée par une exploitation qui –selon elle - s’apparente à du pillage. « Il y a beaucoup d’exploitations illégales que nous ne cessons de dénoncer et de grandes quantités qui ne sont pas répertoriées. Cela menace cette forêt », pour René Ngongo, chargé de campagne forêt à Greenpeace Afrique.

Il y a un moratoire en RDC, qui ne permet plus d’octroyer de nouvelles concessions forestières. Mais il y a aussi de fortes pressions pour faire sauter ce moratoire ; plus une majorité de la population qui n’a que le bois de chauffe comme source d’énergie.

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